Obama dans le Golfe pour rassurer les alliés des USA

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    * La question de l'Iran crispe les relations USA-Golfe 
    * Les pays du Golfe veulent des systèmes de missiles 
    * Obama prône une "paix froide" entre pays du Golfe et Iran 
 
    par Angus McDowall , Roberta Rampton et Sylvia Westall 
    RYAD/WASHINGTON, 20 avril (Reuters) - Barack Obama se rend 
ce mercredi en Arabie saoudite avec l'intention de rassurer les 
monarchies sunnites du Golfe sur le soutien des Etats-Unis face 
à leur rival régional, l'Iran chiite. 
    Alors que les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés 
du Golfe traversent une phase de crispation, Ryad et ses 
voisins, conscients qu'un nouveau président s'installera à la 
Maison blanche en janvier, ne se contenteront pas de belles 
paroles. 
    "Nous voulons recevoir des garanties tangibles de leur 
part", a dit un responsable du Golfe informé des préparatifs de 
cette visite. 
    En l'absence d'un traité officiel de défense, une idée 
exclue avant un précédent sommet, les monarchies du Golfe 
comptent obtenir au moins de nouveaux systèmes de missiles. 
    Barack Obama espère pour sa part favoriser une "paix froide" 
entre les pays du Golfe et l'Iran, dans l'espoir d'apaiser les 
tensions entre sunnites et chiites à travers la région et 
d'étouffer le djihadisme armé incarné notamment par le groupe 
Etat islamique (EI). 
    Les Etats-Unis et les pays du Golfe partagent l'idée selon 
laquelle l'Iran joue un rôle déstabilisateur au Moyen-Orient. 
Mais ils divergent sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la 
République islamique, ce qui, couplé à l'impression de 
désintérêt pour la région que renvoie Barack Obama à ses alliés 
sunnites, alimente les tensions entre Washington et Ryad. 
    A l'exception d'Oman, qui, pour des raisons historiques, 
s'efforce de maintenir de bonnes relations avec l'Iran, les 
monarchies du Golfe craignent que l'accord conclu l'an dernier 
sur le programme nucléaire iranien ne donne des ailes à Téhéran 
pour déployer son influence dans la région. 
    L'Arabie saoudite s'inquiète en particulier du soutien 
apporté par l'Iran au président Bachar al Assad en Syrie, au 
Hezbollah au Liban, aux mouvements chiites en Irak et aux 
combattants Houthis au Yémen, sur la péninsule arabique. 
     
    "PASSAGERS CLANDESTINS" 
    De leur côté, les responsables américains considèrent 
l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Iran, hypothèse qu'ils 
jugent écartée avec l'accord conclu l'an dernier, et l'expansion 
de mouvements islamistes radicaux comme les plus grandes menaces 
contre les pays du Golfe et les intérêts des Etats-Unis dans la 
région. 
    "Je ne pense pas qu'il puisse y avoir la moindre confusion 
ou ambiguïté sur qui est notre partenaire dans la région et qui 
ne l'est pas", a dit Rob Malley, conseiller de Barack Obama sur 
le Moyen-Orient. 
    Le président américain rencontrera mercredi le roi saoudien 
Salman puis participera le lendemain à un sommet du Conseil de 
coopération du Golfe qui réunit l'Arabie saoudite, le Koweït, 
Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman. 
    Barack Obama retrouvera ainsi des interlocuteurs qu'il n'a 
pas ménagés le mois dernier dans une interview avec le magazine 
The Atlantic. Dans cet entretien, le président américain a jugé 
que certains pays d'Europe et du Golfe agissaient comme des 
"passagers clandestins" réclamant des interventions américaines 
sans s'impliquer eux-mêmes. 
    Prié de dire si l'Arabie saoudite était une amie des 
Etats-Unis, Barack Obama avait répondu: "c'est compliqué". Il 
avait en outre invité les pays du Golfe à "partager" le 
Moyen-Orient avec l'Iran. 
    Les capitales du Golfe n'ont pas réagi officiellement à ces 
déclarations mais le prince saoudien Tourki al Fayçal, ancien 
chef des services de renseignement, a écrit une lettre ouverte 
pour dénoncer ces propos et s'interroger sur le bien-fondé de ce 
qu'il a qualifié de "pivotement vers l'Iran" des Etats-Unis. 
    Autre source de tension, le New York Times a rapporté 
vendredi que le gouvernement saoudien avait adressé une mise en 
garde aux parlementaires américains, selon laquelle l'Arabie 
serait contrainte de vendre jusqu'à 750 milliards de dollars 
d'actifs américains, y compris des bons du Trésor, si le Congrès 
adoptait une loi susceptible d'imputer la moindre responsabilité 
au royaume dans les attentats du 11 septembre 2001.   
    La question du pétrole, enfin, vient modifier les rapports 
entre Washington et Ryad avec le développement de la production 
américaine de schiste, qui réduit la dépendance des Etats-Unis 
aux importations en provenance du Moyen-Orient. 
    "La bureaucratie commence à intégrer cette idée que le 
Moyen-Orient est, pour nous, un peu moins important qu'il ne 
l'était", dit Ellen Laipson, du Stimson center, un centre de 
réflexion à Washington. 
 
 (Avec Yara Bayoumy et Matt Spetalnick à Washington; Bertrand 
Boucey pour le service français) 
 
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