Obama auprès des survivants du Pulse

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    par Roberta Rampton 
    WASHINGTON, 16 juin (Reuters) - Barack Obama se rend ce 
jeudi à Orlando, dans le centre de la Floride, auprès des 
survivants du massacre du Pulse, réendossant le costume de 
"consolateur en chef" d'une nation plongée dans le traumatisme. 
    Une nouvelle fois, le président démocrate va aller au devant 
de victimes d'une tuerie de masse, cette fois la plus meurtrière 
du genre dans l'histoire du pays. Affirmant agir au nom de 
l'organisation djihadiste Etat islamique (EI), Omar Mateen a tué 
49 personnes et en a blessé 53 autres dans cette boîte de nuit 
de la communauté homosexuelle d'Orlando avant d'être abattu 
dimanche à l'aube par les unités d'élite des forces de police. 
    "Ce sera je pense un déplacement empreint d'émotion", a 
déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest. "Le 
président sait qu'il est un symbole du pays tout entier. Mais il 
lui serait impossible de ne pas être personnellement affecté par 
ce genre de rencontre", a-t-il poursuivi. 
    D'après les données compilées par le site Mother Jones, 
quelque 29 tueries de masse, faisant quatre morts et plus, se 
sont produites aux Etats-Unis depuis l'entrée d'Obama à la 
Maison blanche, en janvier 2009. Au total, elles ont coûté la 
vie à 281 personnes et fait près de 250 blessés. 
    Obama a confié à plusieurs reprises que le massacre commis 
le 14 décembre 2012 dans une école élémentaire de Newtown, dans 
le Connecticut, avait été le jour le plus sombre de sa 
présidence. Ce jour-là, 20 enfants et six adultes étaient tombés 
sous les balles d'un jeune homme de vingt ans, Adam Lanza, qui 
avait mis fin à ses jours. 
    Après cette tuerie, le président démocrate avait tenté de 
réformer la législation fédérale, avec davantage de vérification 
des antécédents des acheteurs d'armes et une interdiction accrue 
de certains types d'armes de guerre. Mais le texte avait été 
repoussé par le Sénat et Obama avait dénoncé le rôle exercé par 
la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes à feu. 
     
    UNE "ROUTINE" 
    Le sujet est régulièrement revenu depuis dans le débat 
politique, et Obama s'est régulièrement rendu auprès de familles 
endeuillées. En décembre dernier, il a rencontré les proches des 
victimes de la tuerie de San Bernardino, en Californie, où un 
couple ayant lui aussi fait allégeance à l'Etat islamique a tué 
14 personnes. 
    Obama est aussi allé au Texas, en Arizona, dans le Colorado 
ou en Caroline du Sud, où il avait rendu il y a un an un hommage 
vibrant et émouvant aux neuf victimes de l'Emanuel African 
Methodist Episcopal Church de Charleston, tous membres de la 
communauté noire, abattus par un jeune suprémaciste blanc, 
Dylann Roof. Il avait entonné a capella le cantique chrétien 
"Amazing Grace", devenu un symbole de la lutte contre la 
ségrégation.  
    Mais ainsi qu'il le relevait avec colère et lassitude après 
une autre tuerie, en octobre de l'année dernière sur un campus 
de l'Oregon, "c'est devenu une routine". "Ces informations sont 
une routine, ma réponse ici, à cette tribune, finit par devenir 
une routine", avait-il ajouté. 
    "C'est un choix politique que nous faisons en tolérant que 
cela se produise tous les mois en Amérique", avait poursuivi 
Obama, déplorant la responsabilité collective et l'inaction face 
à la question des violences par armes à feu.   
    En janvier, à l'orée de son ultime année à la Maison 
blanche, Obama a relancé son initiative visant à renforcer le 
contrôle des antécédents des acheteurs d'armes à feu aux 
Etats-Unis et estimé que les exemptions actuellement accordées 
pour les ventes dans les foires ou sur internet n'avaient aucun 
sens. 
    "A chaque fois que je pense à ces gamins, cela me rend fou 
de rage", a-t-il ajouté, saisi par l'émotion et essuyant des 
larmes coulant sur ses joues à cette nouvelle évocation du drame 
de Newtown.   
    La tuerie d'Orlando, en pleine campagne électorale, a 
inévitablement relancé le débat sur les armes à feu. 
  
    L'enquête a révélé qu'Omar Mateen, alors même qu'il avait 
été l'objet d'enquêtes du FBI pour des liens potentiels avec des 
groupes islamistes armés, avait pu se procurer un fusil 
d'assaut. 
    Le massacre, a déclaré Obama, rappelle une fois de plus 
"combien il est facile pour quelqu'un de mettre la main sur une 
arme qui lui permet de tuer des gens dans une école ou dans un 
lieu de prière ou dans un cinéma ou dans un night-club". 
    "Nous devons décider si c'est ce genre de pays que nous 
voulons être", a-t-il ajouté.     
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la tuerie d'Orlando:   
    CHRONOLOGIE des fusillades les plus meurtrières aux 
Etats-Unis   
 
 (avec Timothy Gardner; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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