Obama au Vietnam, l'embargo sur les armes à l'agenda

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    par Matt Spetalnick 
    HANOÏ, 23 mai (Reuters) - Barack Obama entame lundi sa 
première visite au Vietnam en vue de sceller une alliance avec 
l'ancien ennemi des Etats-Unis dans une stratégie de 
"rééquilibrage" régional en Asie pour faire contrepoids à la 
puissance chinoise. 
    Le président des Etats-Unis passera trois jours au Vietnam, 
où il défendra des liens resserrés en matière de défense et 
d'économie avec le régime communiste, a dit son équipe.  
    Ce séjour inhabituellement long marque l'importance accordée 
à Hanoï, où Barack Obama est arrivé dimanche soir.  
    Vestige du conflit entre les deux pays, le Vietnam fait 
toujours l'objet d'un embargo sur les armes, et sa levée est 
abondamment discutée à l'approche de l'arrivée d'Obama. 
    Une telle mesure est susceptible d'irriter Pékin, qui voit 
d'un mauvais oeil les efforts américains pour renforcer ses 
alliances militaires à l'heure où les tensions montent dans la 
zone disputée de mer de Chine du Sud. 
    La levée de l'embargo était encore à l'étude par les 
responsables américains dimanche soir, au moment de l'arrivée 
d'Obama. 
    La plupart des conseillers du président sont a minima en 
faveur d'un assouplissement de l'embargo, et expliquent que 
Washington doit donner la preuve de sa bonne volonté à Hanoï si 
elle entend construire une alliance dissuasive face à la Chine, 
rapportent des sources proches du dossier. 
    Dernier incident en date, la semaine dernière, les autorités 
chinoises ont demandé à Washington de cesser les vols de 
reconnaissance près de la Chine, après l'interception par deux 
chasseurs chinois d'un appareil américain au-dessus de la mer de 
Chine méridionale.   
    "Personne ne se fait d'illusions", a dit Evan Medeiros, 
ex-conseiller d'Obama spécialiste de l'Asie. "Ce voyage envoie 
des signaux importants à la Chine quant à l'activisme des 
Etats-Unis dans la région, et son inquiétude grandissante quant 
au comportement chinois." 
    Outre les considérations militaires, le bilan en matière de 
droits de l'homme du Vietnam reste un point de friction. 
    Les responsables américains sont soucieux de garder des 
moyens de pression pour encourager le pays à adopter des 
réformes politiques, quand les ONG qualifient le régime d'un des 
plus répressifs au monde. 
    Toute levée de l'embargo -- qui constituerait une victoire 
pour Hanoï -- doit donc être faite au cas par cas, pour chaque 
vente d'armes, et attachée à des considérations en matière de 
droits de l'homme, ont expliqué plusieurs responsables. 
     
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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