Obama appelle Abbas à "prendre des risques" pour la paix

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BARACK OBAMA PRÔNE DES DÉCISIONS DIFFICILES POUR LA PAIX AU PROCHE-ORIENT
BARACK OBAMA PRÔNE DES DÉCISIONS DIFFICILES POUR LA PAIX AU PROCHE-ORIENT

par Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a appelé lundi le président palestinien Mahmoud Abbas, qu'il recevait à la Maison blanche, à "prendre des risques" pour sortir de l'impasse les négociations de paix avec Israël.

Le président américain a estimé que les dirigeants des deux camps devaient faire preuve d'audace politique et "saisir l'occasion" qui se présente.

Barack Obama, qui a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu il y a deux semaines à Washington, a réaffirmé sa détermination à parvenir à un accord-cadre afin de prolonger les négociations au-delà de la date butoir du 29 avril.

"C'est très difficile", a-t-il reconnu, tout en se disant convaincu "qu'il y a là une occasion à saisir".

"Nous devons prendre des décisions politiques difficiles, ainsi que des risques, afin de pouvoir aller de l'avant, et j'espère que nous serons en mesure de constater des progrès dans les jours et les semaines à venir", a dit le président américain.

Mahmoud Abbas a admis que le temps n'était pas de son côté et a rappelé que les Palestiniens avaient reconnu la "légitimité" d'Israël en 1988, puis "l'Etat d'Israël" en 1993.

Barack Obama a insisté sur le fait qu'après des décennies de tractations entre Israéliens et Palestiniens, les paramètres probables d'un accord de paix définitif étaient bien identifiés.

"Chacun comprend à quoi ressembleront les contours d'un accord de paix, qui englobera un compromis territorial de la part des deux camps sur la base des lignes de 1967, avec des échanges mutuellement acceptés, qui garantiront qu'Israël soit en sécurité et aussi que les Palestiniens disposent d'un Etat souverain", a-t-il poursuivi.

CADRE NON CONTRAIGNANT

Mahmoud Abbas a estimé qu'une solution devait accoucher d'un Etat palestinien à l'intérieur des frontières qui prévalaient avant la guerre des Six-Jours de 1967, bien que Benjamin Netanyahu ait déclaré qu'Israël n'en reviendrait jamais complètement aux lignes antérieures, qu'il considère comme non défendables.

Interrogé sur l'entrevue entre les deux dirigeants, le porte-parole de Mahmoud Abbas l'a qualifiée de "longue, intense et difficile". Nabil Abou Rdainah a précisé qu'un certain nombre d'idées avaient été évoquées mais n'avoir "rien reçu par écrit".

Les efforts en faveur de la paix au Proche-Orient sont pour l'instant suspendus à la question de savoir si Israël va procéder ce mois-ci à la libération d'un dernier contingent de prisonniers palestiniens.

L'Etat hébreu avait accepté ces libérations dans le cadre d'une reprise du dialogue l'an passé. Des responsables américains redoutent de voir les autorités israéliennes revenir sur cette promesse et enterrer à nouveau le processus.

"Nous espérons qu'un quatrième contingent sera libéré le 29 mars parce que cela ferait une très forte impression sur le sérieux des efforts pour parvenir à la paix", a dit Rdainah.

Les dirigeants américains ont toutefois déjà revu leurs ambitions à la baisse et tentent désormais de convaincre les deux camps d'accepter un "cadre" non contraignant d'ici fin avril.

(Matt Spetalnick, Eric Faye et Pierre Sérisier pour le service français)

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