Obama appelle à l'apaisement entre Ankara et Moscou

le
0
 (actualisé avec déclarations d'Obama) 
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - Le président américain 
Barack Obama a appelé mardi la Turquie à l'apaisement des 
tensions avec Moscou, estimant qu'elles sapaient le combat 
contre les combattants de l'Etat islamique, tout en soulignant 
que le soutien des Etats-Unis à l'égard de leur allié restait 
intact. 
    Barack Obama a rencontré le président Recep Tayyip Erdogan à 
Paris où les deux hommes participent à la conférence 
internationale sur le climat, une semaine après la destruction 
d'un chasseur-bombardier russe par l'armée de l'air turque à 
proximité de la frontière syrienne. 
    "Les Etats-Unis soutiennent le droit de la Turquie à 
défendre son espace aérien et son territoire", a déclaré le 
président américain. 
    "Nous avons discuté de la manière dont la Turquie et la 
Russie sont susceptibles de travailler ensemble à l'apaisement 
des tensions et de trouver une solution diplomatique à cette 
question." 
    Barack Obama a dit à son homologue turc que le combat contre 
le groupe Etat islamique devait se poursuivre. Il avait tenu des 
propos similaires lundi avec Vladimir Poutine. 
    "Nous avons tous un ennemi commun et c'est l'EIIL (Etat 
islamique en Irak et au Levant, autre désignation de l'EI), et 
je veux faire en sorte que nous nous concentrions sur cette 
menace", a dit Barack Obama. 
    Selon le président russe, la Turquie a abattu le Soukhoï-24 
pour protéger ses approvisionnements en pétrole venant des 
territoires contrôlés par l'EI, ce qu'a vivement contesté Recep 
Tayyip Erdogan. 
    Tout en plaidant l'apaisement, la Turquie a prévenu qu'elle 
ne formulerait pas les excuses demandées à Moscou qui a de son 
côté imposé des sanctions économiques sur certains produits 
turcs.  ID:nL8N13Q3I2  
    Barack Obama a dit ne pas s'attendre à une modification 
radicale de la stratégie russe en Syrie tout en indiquant que 
Moscou pourrait décider de se ranger aux côtés de la coalition 
conduite par les Etats-Unis. 
    "Je pense qu'avec le souvenir encore frais de l'Afghanistan 
en tête, monsieur Poutine sait qu'il vaut mieux éviter de 
s'enliser dans une guerre civile", a dit le président américain. 
    L'Union soviétique est intervenue en 1979 en Afghanistan 
pour soutenir un gouvernement communiste, mais, confrontée à la 
résistance des rebelles, elle a dû se résoudre à quitter le pays 
une décennie plus tard après avoir essuyé de lourdes pertes. 
    Devant la volonté russe de continuer de soutenir Bachar al 
Assad, Barack Obama dit ne pas s'attendre à ce que Moscou change 
brutalement de stratégie pour concentrer ses frappes sur l'Etat 
islamique alors que l'armée russe vise surtout des opposants au 
régime syrien. 
    "Je ne m'attends pas à observer de virage à 180° au cours 
des prochaines semaines", a-t-il déclaré. 
    Barack Obama a souligné que la Turquie avait de son côté 
réalisé des progrès dans le contrôle de ses frontières même si 
des efforts doivent encore être fournis pour empêcher l'Etat 
islamique de faire venir des combattants en Syrie et d'exporter 
du pétrole. 
    "Nous devons les bousculer. Nous devons bousculer leurs 
revenus, nous devons bousculer leurs capacités de recrutement de 
nouveaux combattants, parce que, vous savez, nous leur avons 
infligé des dizaines de milliers de pertes sur le champ de 
bataille." 
 
 (Jeff Mason,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant