Obama à Hiroshima pour louer l'amitié et non pour des excuses

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    TOKYO, 22 mai (Reuters) - Le président américain Barack 
Obama, qui entame dimanche une visite au Vietnam qu'il 
poursuivra en fin de semaine au Japon, souligne dans une 
interview diffusée par la chaîne de télévision japonaise NHK que 
son déplacement prévu à Hiroshima ne sera pas un geste d'excuse 
mais un symbole des liens d'amitié entre les deux anciens 
ennemis. 
    Obama deviendra vendredi le premier président des Etats-Unis 
en exercice à se rendre dans la ville martyre, théâtre le 6 mai 
1945 du premier bombardement atomique de l'Histoire. Des 
milliers d'habitants ont été instantanément tués. Fin 1945, du 
fait de l'exposition à la radioactivité, le bilan était de 
140.000 morts. Trois jours après Hiroshima, une autre ville, 
Nagasaki, était soumise au feu nucléaire. 
    Barack Obama sera accompagné par le Premier ministre 
japonais, Shinzo Abe. 
    Devant les caméras de la NHK, le président des Etats-Unis 
explique que les dirigeants de la planète ont souvent des 
décisions difficiles à prendre en temps de conflit. 
    "Il est important de reconnaître qu'au coeur d'une guerre, 
des dirigeants prennent toutes sortes de décisions, c'est aux 
historiens de poser des questions et de les examiner", dit-il 
dans cette interview diffusée dimanche. "Mais je sais, en tant 
que personne aujourd'hui à cette fonction depuis sept ans et 
demi, que chaque dirigeant prend des décisions très difficiles, 
particulièrement en temps de guerre." 
    Pour une majorité d'Américains, les bombardements 
d'Hiroshima et Nagasaki étaient une nécessité pour mettre fin à 
la guerre et ont permis d'épargner des vies américaines et 
japonaises en abrégeant la guerre. De nombreux historiens 
doutent de cette version. Au Japon, l'opinion publique juge 
majoritairement que ces attaques inédites n'étaient pas 
justifiées. 
    Obama, qui a obtenu en 2009 le prix Nobel de la paix en 
partie pour son engagement en faveur de la non-prolifération 
nucléaire, estime que l'accent doit être mis sur le 
rétablissement des relations entre le Japon et les Etats-Unis. 
    "Je pense que c'est aussi une histoire heureuse, celle de 
deux anciens adversaires qui s'unissent et deviennent des alliés 
parmi les plus proches au monde", dit-il. 
    "Puisqu'il ne me reste que quelques mois en fonction, j'ai 
pensé que c'était un bon moment pour moi pour réfléchir à la 
nature de la guerre. Une partie de mon objectif est de 
reconnaître que des innocents pris dans la guerre peuvent 
endurer des souffrances extrêmes et que cela n'appartient pas 
seulement au passé: cela se produit aujourd'hui en de nombreuses 
parties du monde." 
 
 (Elaine Lies et Kiyoshi Takenaka; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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