Nyanga : " Les journées sont plus chargées qu'en 2007 "

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Nyanga : " Les journées sont plus chargées qu'en 2007 "
Nyanga : " Les journées sont plus chargées qu'en 2007 "

Absent de la Coupe du monde 2011, Yannick Nyanga est revenu sur les différences entre la préparation du Mondial aujourd'hui et il y a huit ans. S'il ne voit pas le XV de France favori, le Toulousain se réjouit de la préparation intensive effectuée. Il a aussi eu un mot sur son futur club, le Racing 92.

Yannick Nyanga, êtes-vous assez fatigué par cette préparation en vue de la Coupe du monde ?
Assez fatigué, oui. C’est une belle semaine qu’on fait, ça va aller crescendo. On récupère bien entre les séances, mais on est content d’être là, on profite au maximum. Ma dernière Coupe du monde était il y a un petit moment maintenant, donc je profite même des moments de souffrance. On en profite car c’est malgré tout de bons moments.

C’est une satisfaction d’être ici ?
Oui, c’est une satisfaction même si ce n’est pas une fin en soi. On a envie de ne pas juste participer mais de se donner à fond sur chaque séance, repousser les limites de son corps puis laisser les entraîneurs faire leurs choix. On est vraiment dans une participation à une Coupe du monde et on se prépare tous à la jouer. Forcément, il y aura cinq déçus parmi nous mais ce n’est pas la question. Il faut se préparer et aider l’équipe à grandir, nous aussi grandir individuellement pour arriver prêt le 19 septembre.

Arrivez-vous à occulter cette liste des 31 ?
Pour le moment, oui, parce que c’est encore loin. Il y a tellement d’entraînements difficiles qu’on n’y pense pas trop. On pense juste à passer le cut, la journée de plus. C’est sur que quand ça va se rapprocher, on va commencer à y penser. On pense plus à tenir le coup et à faire de belles séances de musculation, de courses, de cardio, d’étirements... Il y a beaucoup de choses. En tout cas, on est quand même heureux d’être là !

« Ce qui est très important, c’est de récupérer très vite »

On est passé d’une fougueuse insouciance à une maîtrise professionnelle, c’est un peu ça ?
Non car c’était déjà professionnel avant mais c’est l’évolution logique du sport en général. Il n’y a pas d’exception pour nous en la matière. Le sport est en éternelle évolution, six ou huit ans, c’est une éternité parce qu’il y a de nouvelles techniques, de nouvelles études chaque année qui essayent de repousser les limites de ce que peut accepter le corps. Je pense que la plus grosse avancée est dans la récupération. Ce qui est très important, c’est de récupérer très vite pour être capable d’enchaîner les séquences. C’est ce qui va faire la progression physique. Aujourd’hui, on a des outils de récupération qu’on n’avait peut-être pas il y a quelques années. Ça nous permet d’encore plus « en chier » sur les entraînements.

Comment appréhendez-vous l’évolution de votre sport ? A titre personnel, est-ce de plus en plus compliqué ?
Non car on a beaucoup de moyens à notre disposition pour s’entraîner. Après, ce qui est sûr, c’est que c’est plus dur, mais dans un sens, ça rend la chose encore plus belle. Quand le Stade Français est champion de France alors qu’ils sont quatrièmes du championnat... Ils ont montré qu’avec beaucoup de travail et pas mal de solidarité, on peut faire de grandes choses. On va jouer à un niveau encore plus élevé, qui demande encore plus de travail, de concentration, de dévouement à son sport. On est là pour ça et on espère qu’avec tout ce qu’on sème aujourd’hui, on aura une bonne récolte en octobre.

Où se trouve la Francepar rapport aux autres nations ?
On n’est pas favoris. On n’est pas dans la situation des Blacks ou de l’Afrique du Sud.La Nouvelle Zélande est favorite à chaque compétition internationale. Maintenant, je ne me rappelle pas les avoir vus champions du monde à chaque fois. Ça veut dire que le statut de favori ne signifie rien. Il faut jouer les matchs et être prêt tout simplement.

« On a autant de préparation que les autres »

On a l’impression que cette équipe de France a peut-être un déficit physique. Est-ce que cette préparation peut plus vous bonifier par rapport à d’autres équipes ?
Je ne pense pas qu’il y ait un déficit physique. Je pense qu’il y a un calendrier qui n’est pas le même, ça c’est sûr. Donc après, le déficit physique, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que, forcément, quand on joue 35 matchs dans l’année, on arrive plus fatigué que ceux qui ont joué 20 matchs. Est-ce que cela veut dire que vous avez un déficit physique par rapport aux autres ? Je ne le pense pas. Je pense juste que quand vous faites un 100m avec un sac de dix kilos et qu’un autre fait un 100m suivant son poids, il y a de grandes chances que ce soit celui qui n’a pas de poids qui s’impose à compétences égales. Aujourd’hui, on a autant de préparation que les autres, on n’a plus l’excuse du poids du calendrier de notre championnat. Ça fait une excuse en moins, il va falloir y aller.

Un petit mot sur le Racing 92. Pourquoi avoir choisi cette destination ?
J’ai été vraiment emballé par le projet, c’est quelque chose qui est voué à réussir. J’espère que je serai là pour le voir. J’ai eu pas mal de discussions avec les entraîneurs depuis un moment, notamment avec Laurent Travers et sa vision du club, de ce qu’il a envie d’en faire au niveau sportif. Ça correspondait avec moi et il y a aussi Dimitri (Szarzewski) qui est le capitaine de cette équipe et qui continue de grandir avec ce club. Tout cela fait que c’était difficile de refuser. J’avais passé dix ans à Toulouse, c’était peut-être le bon moment. On verra si c’est ou non une bonne décision mais je n’aurai aucun regret.

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