Numericable veut lever 652 millions d'euros en entrant en Bourse

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NUMERICABLE ESPÈRE LEVER 652 MILLIONS D'EUROS EN BOURSE
NUMERICABLE ESPÈRE LEVER 652 MILLIONS D'EUROS EN BOURSE

par Matthias Blamont et Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Le câblo-opérateur français Numericable espère lever début novembre 652 millions d'euros lors de l'introduction en Bourse d'un quart au moins de son capital, une opération valorisant l'entreprise jusqu'à 5,6 milliards d'euros dette comprise.

Fournisseur d'accès à internet, de téléphonie et de télévision, le groupe compte ainsi restructurer sa dette et accélérer ses investissements dans la fibre optique afin de pousser son avantage sur ses concurrents opérateurs télécoms.

Numericable a précisé lundi que la fourchette de prix retenue pour cette introduction à la Bourse de Paris se situait entre 20,30 et 24,80 euros par action, faisant ressortir une valeur d'entreprise comprise entre 5,06 et 5,57 milliards d'euros en incluant une dette de 2,75 milliards.

Le groupe envisage de lever 250 millions d'euros via une augmentation de capital et 402,2 millions d'euros par la vente de titres détenus par Carlyle et Cinven.

A l'issue de l'opération, Carlyle contrôlera environ 25% du capital et Cinven quelque 15%, contre 37,6% chacun actuellement.

Numericable compte introduire en Bourse au moins 25,5% de son capital, en incluant l'offre réservée aux salariés d'un montant d'environ deux millions d'euros.

Cette part sera portée à 29,4% en cas d'exercice intégral de l'option de surallocation, celle-ci portant sur la cession d'actions existantes supplémentaires par Carlyle et Cinven représentant un maximum de 15% de la taille de l'offre.

Altice, fonds appartenant à Patrick Drahi, fondateur de Numericable, deviendra le premier actionnaire du groupe dont il détiendra jusqu'à 30% contre 24% actuellement.

Selon une source proche du dossier, Patrick Drahi compte porter sa participation à 37,5% après l'introduction en Bourse pour prendre le contrôle du groupe.

L'opération, qui a reçu vendredi un visa de l'Autorité des marchés financiers, commence lundi et prendra fin le 7 novembre. La première cotation est prévue le 8 novembre.

Les actionnaires de Numericable se sont ralliés au projet d'une introduction en Bourse après l'échec de discussions avec Vivendi en vue d'un rapprochement avec sa filiale télécoms SFR en raison d'un désaccord sur les valorisations.

FORTE DEMANDE EN VUE

Les analystes s'attendent à une forte demande pour cette mise en Bourse car les actifs dans le câble sont devenus une ressource rare en Europe après une série d'acquisitions, dont celle de Kabel Deutschland par Vodafone et celle de Virgin Media par l'américain Liberty Global.

Mais Numericable est considéré comme un actif de moins bonne qualité que nombre de ses pairs, selon certains investisseurs. Pénalisé par sa dette élevée, le groupe a moins investi que d'autres dans la modernisation de son réseau ces dernières années, expliquent-ils.

"Concernant la valorisation, avant investigations plus poussées, elle paraît à peu près en ligne avec le secteur", écrit Bertrand Lamielle, directeur de la gestion chez B*Capital. "L'engouement viendra du caractère opéable du dossier et des synergies, du timing, que chaque investisseur voudra bien 'prêter' à ce mouvement."

Outre SFR, Numericable est considéré comme une cible potentielle pour Bouygues Telecom, qui achète déjà des capacités au câblo-opérateur pour son offre internet. Un rachat par Orange, le premier opérateur télécoms français, paraît exclu pour des raisons de concurrence.

Interrogé sur une éventuelle fusion avec un opérateur mobile, le PDG de Numericable Eric Denoyer a répondu lors d'une conférence de presse :

"Aujourd'hui, je parle de croissance sans avoir une nécessité d'adossement. Avec la croissance de la demande et la construction du réseau, nous pensons que cette croissance accélérera suffisamment sans qu'il y ait besoin d'envisager quoi que ce soit d'autre."

Numericable affiche un chiffre d'affaires de 968,9 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, en hausse d'un pourcent, avec un excédent brut d'exploitation (Ebitda) en progression de 1,1% à 436,3 millions.

Sa marge opérationnelle ressort à 46,8% et son revenu moyen par abonné (arpu) à 42,2 euros par mois.

Avec Leila Abboud, édité par Dominique Rodriguez

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