Numericable : une introduction en Bourse très attendue

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(lerevenu.com) - L'offre à prix ouvert des titres du câblo-opérateur français a débuté ce lundi et s'achèvera le le 6 novembre. La fourchette de prix indicative des actions est de 20,30 à 24,80 euros pièce, avec une première cotation prévue le 8 novembre.

Avec 10 millions de foyers connectés dans plus de 1.300 villes françaises, dont 5 millions avec de la fibre optique, Numericable revendique le titre de «seul câblo-opérateur majeur en France». Dans son activité de services aux particuliers (63,4% du chiffre d'affaires du groupe), l'opérateur vend des abonnements de télévision payante, d'accès à internet à haut et très haut débit, de la téléphonie fixe et mobile. Né il y a dix ans, Numericable (ex-Noos) a concentré tous les actifs d'opérateurs de câble en France, depuis 2005. Le rachat de l'opérateur télécoms alternatif Completel lui a, en outre, permis de constituer un autre pôle d'activité (23,3% des ventes) auprès des entreprises.

Numericable Group a affiché un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros en 2012 et a pour objectif de faire désormais progresser son activité de 2 à 5% par an, contre 1 à 2% ces dernières années. Autre promesse de croissance, faite par Eric Denoyer, PDG du groupe, celle de la marge bénéficiaire. L'excédent brut d'exploitation, qui représentait 45% du chiffre d'affaires des ventes en 2010 et 47% en 2012 devrait s'approcher des 50% des ventes dans les prochaines années.

Grâce à l'introduction en Bourse, Numericable lèvera 250 millions d'euros d'argent frais, qui lui serviront à rembourser une partie de sa lourde dette (4 fois l'excédent brut d'exploitation) et donc réduire les frais financiers. Et la croissance des abonnements, portée par la nouvelle box aidera à améliorer la structure de coûts fixes.

Deux des actionnaires historiques, les fonds de capital-investissement, Carlyle et Cinven, commenceront à se dégager. Leur participation respective tombera de 37,5 à 25% et de 37,5 à 15% et ils conserveront le solde au moins six mois. A l'inverse, le troisième actionnaire avec 24% du capital, le fonds Altice, portera, lui, sa participation à 30%.

La fourchette de prix indicative des actions Numericable a été fixée à 20,30-24,80 euros pièce, soit de 5,06 milliards à 5,57 milliards d'euros de valeur d'entreprise, un montant incluant une dette de 2,75 milliards d'euros. La clôture de cette offre à prix ouvert est prévue le 6 novembre prochain, le prix définitif de l'offre étant fixé le 7 novembre et le début des négocations, le 8 novembre.

L'offre est-elle attrayante ? A la différence de l'opérateur historique Orange, Numericable propose à ses futurs actionnaires une perspective de croissance de sa marge bénéficiaire. Et ce, même si, dans la longue liste des risques évoqués par la note d'opération, figure celui du déploiement de réseaux de fibre optique et de VDSL2 par d'autres opérateurs qui pourrait réduire l'avantage concurrentiel de Numericable.

L'hypothèse d'un mariage de Numericable avec SFR ou Bouygues Telecom, s'inscrirait dans la logique d'une concentration très avancée du secteur en Europe. Le 14 octobre dernier, le britannique Vodafone a annoncé détenir 77% de Kabel Deustchland. L'américain Liberty Global, premier câblo-opérateur mondial (47 millions de foyers desservis), est présent dans douze pays européens, via des participations minoritaires (Telenet, UPC, Ziggo, etc.) ou majoritaires (Virgin Media).

Le prix indicatif des actions Numericable a été calculé en comparant avec la valorisation boursière des concurrents encore cotés, le belge Telenet, le néerlandais Ziggo, Kabel Deutschland et Liberty Global. Leur ratio (8,1- 9,1 fois) de valeur d'entreprise (capitalisation boursière et dette) rapportée à l'excédent brut d'exploitation 2013 estimé se situe plus bas que les comparables 9,2 (Liberty) et 13,7 (Kabel D.). Oddo Securities énumérait, dans une récente note de commentaire, les nombreux atouts, du bon positionnement technologique à la valorisation estimée encore inférieure au prix d'entrée de Carlyle. Mais le courtier regrettait néanmoins un «désendettement trop lent».

Retrouvez notre conseil dans Le Revenu Hebdo à paraître le 2 novembre.

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