Nuit debout dans le sable de Camargue

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Un agriculteur originaire de Cavaillon en 2012.
Un agriculteur originaire de Cavaillon en 2012.

En janvier, un arrêté préfectoral a sonné le glas du dernier camping sauvage d’Europe. Ses habitués organisent la résistance.

C’est une lutte du bout du monde. Une Nuit debout dans le sable, le nez au vent iodé de Camargue. Depuis quelques semaines, les habitués de la plage de Piémanson, à l’extrême sud de l’immense commune d’Arles (Bouches-du-Rhône), près du village de Salin-de-Giraud, se révoltent. Unis pour sauver l’esprit de liberté soufflant sur le dernier tronçon du littoral français où le camping sauvage était encore toléré.

En janvier, le préfet de région a mis fin à cette exception. « Ce qui a pu être toléré (…) ne peut plus l’être, justifie Stéphane Bouillon, car cette situation entraînait de nombreux problèmes en matière de sécurité des personnes et des biens, et de protection de la nature. » La signature du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), conséquence de la catastrophe de La Faute-sur-Mer, en Vendée, lors du passage de la tempête Xynthia, a mis fin à l’indifférence de l’Etat pour cette langue de sable longue de 4,5 kilomètres, à l’embouchure du Rhône, qui connaît des pointes de fréquentation à 10 000 vacanciers et 800 caravanes autour du 15 août.

La fin d’un paradis Toute présence humaine la nuit à Piémanson est désormais interdite. La plage est fermée aux véhicules. Interdits également les chiens en liberté, les feux de bois et surtout les soirées entre amis, dans des campements plus ou moins improvisés. Piémanson sera ouverte de 6 heures à 22 heures. Et seulement aux piétons. « C’est la fin de notre paradis, quoi… », résume, dépitée, Nathalie Vin, originaire de F...

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