Nuit de violence à Bujumbura, la capitale du Burundi

le , mis à jour à 09:29
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 (Précisions sur la situation à Bujumbura vendredi matin) 
    NAIROBI, 11 décembre (Reuters) - Plusieurs camps militaires 
ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi à Bujumbura, 
où de violents échanges de tirs et des explosions ont retenti 
pendant plusieurs heures, ont déclaré un responsable burundais 
et des soldats. 
     Deux militaires, qui ont demandé à rester anonymes, ont 
précisé à Reuters que les attaques avaient visé trois camps de 
l'armée dans la capitale burundaise. 
    Selon l'un d'eux, qui a parlé à des soldats sur place, deux 
militaires et cinq assaillants ont été tués près de la base de 
Ngagara, à Bujumbura.     
    Les autorités n'ont fourni aucun bilan pour le moment. Le 
porte-parole de l'armée n'était pas immédiatement joignable. 
    D'après des habitants, les rues de Bujumbura étaient 
désertes vendredi matin à une heure où les gens se rendent 
d'ordinaire au travail, les écoles étaient fermées et les forces 
de sécurité massivement déployées. 
    Willy Niyamitwe, conseiller chargé de la communication du 
président Pierre Nkurunziza, a assuré sur son compte Twitter 
qu'il n'y avait pas eu de tentative de coup d'Etat, comme celle 
qui a été déjouée en mai dernier.  
    Il a affirmé que les attaques des camps visaient à créer une 
diversion pour permettre l'évasion de prisonniers, ajoutant que 
la manoeuvre avait échoué. 
    Le Burundi est en proie à des violences qui ont déjà fait 
des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés 
depuis que Pierre Nkurunziza a décidé en avril de briguer un 
troisième mandat, qu'il a remporté cet été, ignorant les 
protestations de l'opposition qui jugeait cette initiative 
contraire à la Constitution. 
    Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé 
il y a dix jours que le Burundi était au bord d'une guerre aux 
"effets potentiellement désastreux sur une région déjà fragile". 
    Pierre Nkurunziza est un ancien chef rebelle hutu, qui avait 
affronté la minorité tutsie au pouvoir pendant la guerre civile 
de 1993 à 2005. Les clivages ethniques sont les mêmes qu'au 
Rwanda voisin, théâtre d'un génocide en 1994. 
 
 (Edmund Blair; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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