Nuit calme dans les quartiers nord d'Amiens

le
2
NUIT CALME DANS LES QUARTIERS NORD D'AMIENS
NUIT CALME DANS LES QUARTIERS NORD D'AMIENS

par John Irish

AMIENS, Somme (Reuters) - La nuit de mardi à mercredi a été calme dans les quartiers nord d'Amiens, théâtre vingt-quatre heures plus tôt de violentes échauffourées entre jeunes et policiers qui ont fait 17 blessés dans les rangs des forces de l'ordre.

Un porte-parole de la préfecture de la Somme a fait état mercredi matin d'une situation "très calme" sur place, où le dispositif de sécurité, déjà important été renforcé mardi par un escadron de gendarmes mobiles.

Sept véhicules ont été incendiés dans d'autres quartiers "mais c'est hélas quelque chose de régulier dans la ville", a-t-il précisé.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a salué "l'engagement et la vigilance" des forces de l'ordre, "qui ont contribué à ramener le calme".

"Tout sera mis en ouvre pour faire respecter l'ordre républicain et éviter que de telles violences ne se reproduisent. Les importants renforts engagés à Amiens resteront donc affectés au cours des prochains jours et nuits afin de garantir le complet retour à la normale", a-t-il ajouté.

Il s'agit du premier test important pour le nouveau gouvernement socialiste en matière de violences urbaines, un phénomène apparu en France dans les années 1970 et qui ébranle par intermittence les quartiers sensibles des grandes villes.

A Amiens-Nord, de premiers incidents s'étaient produits dimanche après un contrôle policier d'une dizaine de jeunes réunis pour rendre hommage à l'un de leurs camarades tué dans un accident de scooter.

La situation s'est embrasée lundi soir quand les policiers, confrontés à une centaine de jeunes émeutiers, ont essuyé des tirs de chevrotine et des jets de projectiles. Trois bâtiments publics, dont une école et un centre sportif, ont été incendiés.

Venu mardi sur place, Manuel Valls a été hué par des jeunes à son arrivée dans ce quartier récemment classé en "zone de sécurité prioritaire" où le taux de chômage approche 45%.

ZONE DE NON-DROIT

Il a promis la fermeté à l'égard des auteurs des violences et indiqué qu'il y aurait des "interpellations".

"On espère avoir tourné la page mais on ne sait jamais", déclare-t-on à la préfecture, où l'on souligne que la venue du ministre et le renforcement du dispositif policier ont calmé les choses.

"C'est une bonne chose que le calme soit revenu", a déclaré Sandrine, une infirmière de 35 ans, qui se rendait mercredi matin à son travail. "C'est bien que le ministre soit venu, cela montre qu'il est concerné et intéressé par ce qu'il se passe", a-t-elle ajouté.

"Je n'ai rien personnellement contre plus de policiers dans le quartier. Tout cela est le fait d'une minorité."

Dans un éditorial, le Courrier Picard, le journal local, lie cette escalade de violences à la décision de Manuel Valls de classer Amiens parmi les zones de sécurité prioritaires, des territoires jugés sensibles dans lesquels davantage de moyens doivent être mobilisés pour lutter contre la délinquance.

Ce dispositif répond à un engagement de campagne du président François Hollande.

"On dirait que certains ont décidé de montrer à l'État qu'il ne maîtriserait pas ce quartier", écrit le journal en évoquant la relance du débat sur les "zones de non droit".

"Pas étonnant que ça dérape si un policier perd son sang-froid. Les pièges tendus sont quotidiens. Les policiers pas assez nombreux et mal formés aux guets-apens. Manuel Valls a essuyé en Picardie son baptême du feu", souligne-t-il.

Avec Yann Le Guernigou, édité par Marine Pennetier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M5850553 le mercredi 15 aout 2012 à 15:57

    Nuit calme!!comme si c'était un scoop!!!!C'est une situation normale!!!bande de na zes!!!Par contre ,aucune arrestation!!!çà c'est pas normal!!!dans un état de droit!!!et de "devoirs"!!!!

  • M6827458 le mercredi 15 aout 2012 à 14:27

    nous allons envoyer des renforts des quartiers nord de MARSEILLE;