Nucléaire-Une France trop dure perdra des contrats, dit l'Iran

le , mis à jour à 18:07
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PARIS, 16 juin (Reuters) - La France risque de passer à côté de quelque 80 milliards de dollars de potentiels contrats à venir dans le secteur du transport iranien si elle ne change pas de position dans les négociations sur le nucléaire, a prévenu mardi le ministre iranien des Transports. "Il n'y a pas de stratégie française envers l'Iran et c'est une source de regrets", a dit Abbas Ahmad Akhoundi lors d'une conférence à l'académie diplomatique internationale à Paris. "Tôt ou tard le conflit nucléaire sera résolu et la France doit décider de sa position maintenant." Paris a adopté une ligne dure dans les négociations entre le groupe G5+1 et Téhéran sur le programme nucléaire controversé de l'Iran qui doivent permettre de mettre un terme à un contentieux de plus de dix ans. La conclusion prochaine d'un accord entre Téhéran et les grandes puissances, qui sera assorti d'une levée progressive des sanctions qui étouffent l'économie iranienne, pourrait permettre à l'Iran de récupérer potentiellement plus de 100 milliards de dollars de revenus actuellement gelés à l'étranger. Face à cette perspective, l'Iran a lancé une campagne de séduction des entreprises internationales pour les convaincre d'investir dans l'ensemble des secteurs de son économie. L'enjeu est de taille notamment dans le domaine de l'aviation civile, a souligné Abbas Ahmad Akhoundi qui devait s'entretenir avec les responsables de plusieurs compagnies comme Thales TCFP.PA ou Airbus AIR.PA dans le cadre du salon du Bourget (Seine-Saint-Denis). "Dans dix ans, la plus grande partie de la flotte iranienne devrait être mise à l'écart", a-t-il déclaré. "Nous cherchons une flotte aérienne de 400 avions récents, c'est la raison pour laquelle j'ai accepté de venir au Bourget". "Cela représente 20 milliards de dollars au minimum sur les dix prochaines années", a-t-il précisé. A cela s'ajoute le marché des infrastructures ferroviaires, estimé à 25 milliards de dollars, et des routes et autoroutes, évalué à 30 milliards de dollars. La semaine dernière, l'ambassadeur d'Iran en France a fait savoir que des négociations étaient déjà en cours entre l'Iran et les entreprises américaines, y compris Boeing BA.N . Contacté par Reuters, un haut responsable français a dit ne pas être inquiet. "Ce n'est pas parce qu'on est les premiers arrivés qu'on est les premiers servis", a-t-il souligné. "On sera prêts. Ne vous inquiétez pas pour les entreprises françaises." (John Irish, Marine Pennetier pour le service français, édité par Yves Clarisse)


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