Nucléaire-Poutine suspend un accord de non-prolifération

le , mis à jour à 18:14
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 (Actualisé avec Lavrov) 
    MOSCOU, 3 octobre (Reuters) - Vladimir Poutine a signé lundi 
un décret suspendant un accord conclu en 2010 avec les 
Etats-Unis sur la limitation des stocks de plutonium utilisables 
pour la confection d'armes nucléaires et devrait poser une série 
de conditions pour le rétablir, dont la levée des sanctions 
américaines contre Moscou. 
    Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a expliqué 
que la décision du Kremlin "envoyait un message à Washington": 
prendre la Russie de haut en utilisant la langue des sanctions  
et des ultimatums ne marche pas, a-t-il dit.  
    La suspension de l'accord, dit PMDA (Plutonium Management 
and Disposition Agreement), est justifiée par "l'émergence d'une 
menace sur la stabilité stratégique, résultat d'initiatives 
inamicales de la part des Etats-Unis d'Amérique à l'égard de la 
Fédération de Russie", indique le décret de Vladimir Poutine. 
    L'accord de 2010, signé par Sergueï Lavrov et par la 
secrétaire d'Etat Hillary Clinton, prévoyait que chaque camp 
devait éliminer 34 tonnes de son stock de plutonium en les 
utilisant dans ses réacteurs nucléaires. 
    Hillary Clinton avait fait valoir à l'époque que les 
quantités disponibles étaient suffisantes pour équiper 17.000 
armes nucléaires.  
    Russie et Etats-Unis avaient alors considéré que cet accord 
marquait une amélioration de la coopération bilatérale entre les 
deux adversaires de la Guerre froide, afin de lutter contre la 
prolifération d'armes de destruction massive. 
    "La Russie applique unilatéralement cet accord depuis trop 
longtemps", a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, 
en commentant le décret signé par Vladimir Poutine lors d'une 
conférence téléphonique avec des journalistes. 
    "Si l'on prend en compte les tensions (dans les relations 
russo-américaines) en général (...) la Russie considère que la 
situation actuelle ne peut plus durer", a-t-il ajouté. 
     
    LEVÉE DES SANCTIONS 
    D'après Sergueï Lavrov, la manière dont les Etats-Unis 
appliquent l'accord ne garantit pas que le plutonium concerné ne 
sera pas utilisé ultérieurement à des fins militaires. 
    La décision russe s'inscrit dans un processus de dégradation 
progressive des relations entre Moscou et Washington depuis 
l'annexion de la Crimée par l'armée russe en 2014. 
    Pour normaliser ces relations, un projet de loi soumis lundi 
à Vladimir Poutine exige des Etats-Unis qu'ils annulent toutes 
les sanctions imposées à Moscou en raison de sa politique en 
Ukraine et qu'ils dédommagent la Russie de l'impact que 
celles-ci ont eu sur son économie. 
    Le projet de loi demande également l'abrogation de la loi 
Magnitski (Magnitsky Act), adoptée en 2012 par le Congrès 
américain, qui prévoit des sanctions financières et des 
interdictions de visa contre les responsables russes suspectés 
d'être impliqués dans le décès de l'avocat anticorruption 
Sergueï Magnitski dans une prison moscovite en 2009. 
    D'après l'exemplaire du texte mis en ligne sur le site de la 
Douma, la chambre basse du Parlement russe, il réclame enfin une 
réduction du dispositif de l'Otan dans les pays qui ont adhéré à 
l'Alliance atlantique après le 1er septembre 2000, ce qui est 
notamment le cas des Etats baltes.    
 
 (Dmitri Solovyov; Pierre Sérisier et Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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  • delapor4 il y a 2 mois

    Action - Réaction. On apprend ça en physique. Les Etats-Unis jouent un jeu dangereux.