Nucléaire-L'Iran fait une proposition qui indiffère l'Occident

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par Parisa Hafezi et Louis Charbonneau ANKARA/NEW YORK, 21 octobre (Reuters) - L'Iran a présenté ce qu'il qualifie de nouveau compromis dans ses négociations nucléaires avec les six grandes puissances, sans succès semble-t-il, illustration de l'éloignement des positions à l'approche du 24 novembre, date limite pour les discussions. L'Iran ne demande plus la fin des sanctions économiques occidentales en échange de la réduction de son programme nucléaire; la République islamique accepterait dans un premier temps que ne soient levées que les dernières sanctions, celles qui pèsent le plus sur l'économie du pays. Il n'y a là rien de neuf, rétorquent les experts occidentaux. Les Iraniens ont toujours su que les sanctions se seraient levées que progressivement, font-ils valoir, chaque mesure étant d'abord suspendue puis levée une fois seulement établie la mise en conformité de l'Iran. Les négociateurs représentant les Occidentaux font en retour valoir qu'eux aussi ont présenté ce qu'ils qualifient de compromis mais que celui-ci a été rejeté par Téhéran. "Le vrai problème est qu'ils ne semblent pas vouloir limiter leur programme d'enrichissement à un niveau que nous pourrions trouver acceptable", déclare un diplomate européen. "Il se peut que nous n'ayons d'autre choix que de prolonger les discussions au delà de novembre (...) C'est ça ou faire capoter les discussions", ajoute-t-il. Il y a dix jours, l'Iran n'a pas exclu une nouvelle prolongation des discussions si aucun accord n'est trouvé avant la date-butoir du 24 novembre. CENTRIFUGEUSES Les discussions ont lieu à la fois au niveau du "P5+1" (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) au niveau de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Dans le cadre de leur offre la plus récente, les négociateurs iraniens ont dit à Reuters que la direction iranienne se satisferait d'une levée des sanctions mises en place en 2012 par les Etats-Unis et l'Union européenne dans les domaines énergétiques et bancaires. Ils décrivent cette proposition comme une concession majeure par rapport à la demande habituelle de l'Iran qui voulait que la totalité des sanctions à son encontre soient levées. Un des principaux points de friction dans le différend sur le nucléaire iranien concerne le nombre de centrifugeuses que Téhéran serait autorisé à conserver dans le cadre d'un accord. Les autorités iraniennes disent qu'elles pourraient s'accommoder de moins de centrifugeuses pour peu que ce soient des machines plus avancées, capables d'enrichir plus d'uranium à un rythme plus rapide. Le but est de s'assurer que le volume d'uranium enrichi ne se retrouve pas réduit en cas d'accord avec le P5+1. Pour les Occidentaux, ceci ne peut être véritablement qualifié de compromis. Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, souhaitent que le nombre de centrifugeuses conservées par l'Iran ne soit que de quelques milliers alors que Téhéran veut en conserver plusieurs dizaines de milliers en activité. L'Iran en a installé environ 19.000 dont à peu près 10.000 sont en activité pour enrichir l'uranium. (Danielle Rouquié pour le service français)

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