Nucléaire-L'Iran doit appliquer les mesures de transparence-USA

le , mis à jour à 15:46
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(actualisé avec réaction iranienne) VIENNE, 11 juin (Reuters) - L'Iran a refusé jeudi de s'engager à appliquer les mesures sur la transparence de ses activités nucléaires contenues dans l'accord préliminaire de Lausanne du 2 avril comme le lui enjoignaient les Etats-Unis. Laura Kennedy, ambassadrice des Etats-Unis au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), situé dans la capitale autrichienne, a déclaré au conseil des gouverneurs de l'AIEA qu'il était "capital pour l'Iran d'appliquer sans délai les dispositions du code 3.1 modifié". Ce code oblige l'Iran à annoncer par avance la construction de nouvelles installations nucléaires. "Ce sont des sujet qui sont encore débattus et je pense que nous devrions attendre de voir le texte définitif, et avant cela, il ne faut préjuger de rien", a déclaré l'envoyé iranien Reza Najafi. L'Iran et les grandes puissances sont susceptibles de trouver un accord avant la date butoir du 30 juin, malgré la persistance des points d'achoppement sur les capacités d'enrichissement de Téhéran, sur le cadre des inspections de l'Onu et sur l'assouplissement des sanctions infligées à la république islamique. Laura Kennedy a jugé important pour l'Iran d'appliquer le "protocole additionnel" qui permet à l'AIEA, selon certaines circonstances spécifiques, de visiter des sites en Iran en ne prévenant les autorités que deux heures à l'avance. Il permet aussi aux experts de l'agence de recueillir des échantillons dans l'environnement, de sol par exemple, qui peuvent fournir des informations sur des activités nucléaires des années après qu'elles ont eu lieu. Laura Kennedy a par ailleurs déclaré que l'Iran n'avait toujours pas répondu aux questions de l'AIEA sur la "possible dimension militaire" de son programme nucléaire tel qu'il a été mené essentiellement avant 2003. Reza Najafi a réaffirmé la position iranienne selon laquelle certains documents de l'AIEA exprimant des doutes sur la "possible dimension militaire" avaient été fabriqués par les services de renseignement. Il a également redit que l'enquête de l'AIEA progresserait peu tant qu'elle ne cesserait pas de s'appuyer sur de tels documents. Il faisait là référence au cas d'un officier de la CIA condamné en janvier pour avoir divulgué à un journaliste des informations classées relatives à une tentative des Etats-Unis de saper le programme nucléaire iranien. "Nous pouvons évoquer de nouvelles modalités si tant est que les faux documents et les fausses informations soient remisées", a dit le diplomate iranien. L'Iran et les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) ont conclu un accord-cadre le 2 avril dernier pour tenter de mettre fin à un contentieux de plus de dix ans sur les activités nucléaires de la République islamique. La date butoir pour un accord définitif a été fixée au 30 juin. Laurent Fabius a exprimé jeudi des doutes sur la volonté de l'Iran de ne pas se doter de l'arme nucléaire au vu de l'absence de garanties apportées par Téhéran sur la possibilité pour les experts internationaux d'avoir accès à l'ensemble des installations nucléaires du pays. ID:nL5N0YX0W0 (Shadia Nasralla; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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