Nucléaire iranien-Pas d'accord à l'approche de la date limite

le , mis à jour à 12:39
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* Le P5+1 et l'Iran ont jusqu'à vendredi soir pour négocier * La patience de Washington n'est pas sans limite, dit Kerry * L'Iran fustige des changements de position (Actualisé avec nouvelle déclaration de Zarif §§ 2 et 3 et précision § 6) par Louis Charbonneau et Parisa Hafezi VIENNE, 10 juillet (Reuters) - Un accord définitif de limitation des activités nucléaires de l'Iran en échange de la levée des sanctions semblait difficile à conclure dans les délais impartis vendredi au vu des propos tenus tant par la partie américaine que par l'Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, jugeait probable que les discussions se prolongent durant le week-end. "Des progrès ont été faits, mais nous n'en avons pas fini ... . Je doute qu'on y arrive aujourd'hui", a-t-il dit à la presse. "Il semble que nous allons passer le week-end à Vienne", a-t-il ajouté. Jeudi, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a déclaré que les Etats-Unis et leur partenaires du "P5+1" n'avaient pas l'intention de céder à la précipitation pour obtenir un règlement définitif de leur contentieux nucléaire avec l'Iran, tandis qu'un conseiller de haut niveau du Guide suprême iranien soulignait que les "lignes rouges" de l'Iran devaient être respectées. Les négociateurs se sont donné jusqu'à vendredi minuit pour trouver un accord. Mais un premier ultimatum a déjà expiré: dans la mesure où un accord n'a pas été trouvé avant 06h00 du matin à Vienne (04h00 GMT), le Congrès des Etats-Unis, dominé par les républicains, aura désormais 60 jours pour étudier un éventuel accord conclu, au lieu de 30 jours. L'administration démocrate du président Barack Obama craint qu'un doublement du délai à 60 jours ne fasse capoter l'accord. "Un accord ne peut être atteint que si nos lignes rouges sont respectées", a déclaré Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême Ali Khamenei, selon l'agence de presse iranienne Tasnim. Il a également accusé le chef de la diplomatie américaine de faire des commentaires qui "font partie de la guerre psychologique de l'Amérique contre l'Iran". Auparavant, un haut responsable iranien à Vienne avait accusé les Etats-Unis et leurs alliés de modifier leurs positions et de faire marche arrière par rapport à l'accord intérimaire du 2 avril qui devait servir de base à un accord définitif. "Nous sommes ici car nous pensons que nous faisons de véritables progrès", a déclaré John Kerry. "Nous n'allons pas nous précipiter et nous ne serons pas mis sous pression", a-t-il ajouté. La patience de Washington n'est toutefois pas sans limite, a souligné le secrétaire d'Etat. "Nous n'attendrons pas indéfiniment. Si les décisions difficiles ne sont pas prises, nous sommes tout à fait prêts à rompre ce processus", a-t-il ajouté sans dire combien de temps les discussions continueraient. LIGNES ROUGES Mohammad Javad Zarif s'est exprimé dans des termes quasi-identiques jeudi soir. "Nous travaillons dur, mais pas dans la précipitation pour conclure coûte que coûte", écrit-il sur Twitter. Peu après les propos de John Kerry, la Maison blanche a déclaré que les discussions ne se poursuivraient sans doute pas pendant des semaines. En deux semaines, l'Iran et les membres du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine) ont repoussé à deux reprises la date-butoir qu'ils s'étaient fixée pour parvenir à un règlement définitif fondé sur les principes d'un encadrement du programme nucléaire de Téhéran et d'une levée des sanctions internationales. Selon Abbas Araqchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, le projet d'accord et les cinq annexes techniques sont "achevés à 96%". Si le principe d'une levée des sanctions paraît acquis, la question d'une suppression de l'embargo des Nations unies sur les importations d'armes par l'Iran reste en suspens. Téhéran est sur ce point soutenue par la Russie, avec laquelle la République islamique a conclu une vente de systèmes de défense antimissile S-300, bien que les missiles censés les équiper n'aient pas encore été livrés. S'exprimant lors d'un sommet des pays de l'ensemble Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Oufa, en Russie, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que l'embargo sur les armes devrait être la première sanction à être levée en cas d'accord. (Jean-Philippe Lefief, Danielle Rouquié et Simon Carraud pour le service français)

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  • pbenard6 le vendredi 10 juil 2015 à 12:57

    les hebreux font tout pour eviter un accord