Novartis vend ses diagnostics de transfusion à Grifols

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NOVARTIS VEND SES DIAGNOSTICS DE TRANSFUSIONS À GRIFOLS
NOVARTIS VEND SES DIAGNOSTICS DE TRANSFUSIONS À GRIFOLS

par Silke Koltrowitz et Sarah White

ZURICH (Reuters) - Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a annoncé lundi la cession de sa filiale de diagnostics de transfusions sanguines à l'espagnol Grifols pour 1,675 milliard de dollars (1,25 milliard d'euros), une opération qui vient confirmer l'effervescence actuelle du marché de la santé.

Cette cession intervient alors que le groupe a lancé une vaste revue de ses activités après le départ de son président et ancien directeur général Daniel Vasella, qui fut en 1996 le maître d'oeuvre de la fusion de Ciba-Geigy et de Sandoz à l'origine de Novartis.

Pour Grifols, l'acquisition apportera tout à la fois une masse critique et une implantation américaine pour l'activité de diagnostic qui va désormais représenter environ un quart du chiffre d'affaires de l'entreprise espagnole.

Le secteur de la pharmacie connaît actuellement une vague de fusions et acquisitions, les grands groupes cherchant à céder des activités non stratégiques tout en étant désireux de racheter des acteurs plus petits et à forte croissance afin de renforcer leurs "pipelines" de futurs produits.

L'annonce de la transaction entre Novartis et Grifols a coïncidé avec le rachat, par l'anglo-américain Shire Pharma, de la biotech américaine ViroPharma - spécialisée dans les maladies rares - pour quelque 4,2 milliards de dollars. (voir )

Le nouveau directeur général de Novartis, Joe Jimenez, et le président Jörg Reinhardt n'entendent conserver que les activités où le groupe a une stature mondiale.

D'AUTRES CESSIONS À VENIR ?

Dans un entretien accordé à Reuters, Joe Jimenez n'a pas exclu de céder également d'autres activités comme la santé animale ou les médicaments vendus sans ordonnance s'il ne parvenait pas à leur donner une dimension mondiale.

"Il faut une échelle globale pour ces produits et pour le moment nous sommes dans un processus où soit on monte en échelle, soit on envisage d'autres options", a-t-il dit.

Les analystes de Jefferies estiment que l'accord avec Grifols marque la première étape d'une restructuration attendue depuis longtemps et ils s'attendent à ce que les vaccins soient les prochains ciblés.

Novartis est soit leader mondial, soit numéro deux, dans la pharma, les soins oculaires et les génériques. Joe Jimenez n'exclut pas des acquisitions pour renforcer ces positions mais souligne que ce ne sera pas à n'importe quel prix.

"Nous sommes très disciplinés d'un point de vue financier et les valorisations dans les biotechnologies et la pharmacie plus généralement ont augmenté ce derniers mois", a-t-il observé.

Novartis, a-t-il dit, fera le point sur sa revue stratégique et ses activités lors de sa journée d'investisseurs prévue le 22 novembre.

La transaction avec Grifols représente un bon prix pour l'activité de diagnostics de transfusions sanguines que Novartis avait acquise en 2006 en reprenant Chiron et qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires d'environ 565 millions de dollars.

Novartis conserve en revanche ses autres diagnostics davantage en rapport avec ses produits en développement.

Andrew Weiss, analyste chez Vontobel, note que l'activité cédée ne présentait pas de synergies pour le groupe et que son prix - trois fois le chiffre d'affaires - semble correct et en ligne avec les valorisations dans le secteur.

Pour Grifols, le numéro trois mondial de produits sanguins, l'acquisition signifie que les diagnostics représenteront désormais 20% du chiffre d'affaires au lieu de 4% précédemment.

Nuria Pascual, la directrice financière adjointe de la société barcelonaise, n'a pas exclu d'autres acquisitions.

"Il y a beaucoup d'activité sur le marché actuellement (...) cela est peut-être dû à une évolution générale vers la spécialisation", a-t-elle dit.

L'opération a été accueillie sur les marchés, les titres Grifols et Novartis affichant des hausses de 1,2% à la mi-journée à la Bourse de Madrid et sur le marché suisse.

Avec Ben Hirschler et Jose Elias Rodriguez, Véronique Tison pour le service français

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