Novartis fait peau neuve par le biais de GSK et Lilly

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NOVARTIS FAIT PEAU NEUVE
NOVARTIS FAIT PEAU NEUVE

par Caroline Copley et Paul Sandle

ZURICH (Reuters) - Novartis a annoncé mardi une profonde refonte de ses activités en échangeant certains actifs avec le britannique GlaxoSmithKline et en vendant sa division de santé animale à l'américain Eli Lilly, des opérations représentant un montant total de 27 milliards de dollars (20 milliards d'euros).

Cette refonte résulte d'un examen stratégique très attendu de la structure du groupe pharmaceutique helvétique et devrait se traduire par une simplification de son organisation et un renforcement de ses activités dans les traitements contre le cancer.

Cette démarche s'inscrit dans un vaste mouvement international de restructuration de l'industrie pharmaceutique mondiale qui cherche à se recentrer sur les activités porteuses de marges élevées dans un contexte de réduction sensible des dépenses de santé publique.

Emmené par AstraZeneca (+7%) et GlaxoSmithkline (+5,48%), l'indice européen Stoxx de la santé s'adjuge 2,85% et signe la plus forte hausse sectorielle en Europe. A Paris, Sanofi gagne 1,78% À 76,83 euros et Ipsen prend 2,32% à 30,18 euros

"L'opération s'inscrit dans un processus de transformation", a déclaré Joe Jimenez, directeur général de Novartis. Les changements intervenus "améliorent en outre notre solidité financière et devraient améliorer aussi sur le champ nos taux de croissance et nos marges", a-t-il encore déclaré.

Avec l'accord annoncé mardi, Novartis renforce encore sa place de numéro deux mondial de l'oncologie, derrière son compatriote Roche.

Novartis a précisé qu'il rachèterait les produits d'oncologie de GSK pour 14,5 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros), tandis qu'il céderait à GSK ses activités dans les vaccins, hors grippe, pour 7,1 milliards de dollars (5,15 milliards d'euros) auxquels s'ajouteront des redevances.

La cession de la division de santé animale à Eli Lilly se fera pour approximativement 5,4 milliards de dollars.

L'ONCOLOGIE PRIORITAIRE

Novartis a ajouté qu'il comptait également céder ses vaccins contre la grippe à une tierce partie.

Eli Lilly a dit de son côté que cette transaction renforcerait et diversifierait les activités de sa filiale Elanco et qu'elle serait relutive à compter de 2015, hors coûts d'intégration.

La refonte de Novartis est également synonyme de réorganisation d'envergure pour GSK, le pharmacien britannique devant restituer quatre milliards de livres à ses actionnaires à la suite de ces changements.

GSK s'assurera une position prééminente en gérant une future structure d'hygiène et de santé constituée avec Novartis mais il renoncer de fait à son ambition de devenir un leader mondial de l'oncologie. GSK dit qu'à l'avenir la structure de ses activités sera concentrée sur l'hygiène et santé, les vaccins, les traitements respiratoires et traitements VIH, le tout représentant 70% environ de son chiffre d'affaires.

Les grands groupes pharmaceutiques mettent de plus en plus l'accent sur les traitements contre le cancer, en particulier sur les traitements innovants qui privilégient le renforcement du système immunitaire des patients.

Ainsi, la tentative présumée de Pfizer de s'emparer d'AstraZeneca serait, selon certains analystes, en grande partie dictée par sa volonté de renforcer sa présence sur le segment des molécules anticancéreuses.

Le Sunday Times a rapporté ce week-end que le géant américain de la pharmacie avait approché son concurrent britannique, lui proposant de le racheter pour 60 milliards de livres.

Dans le secteur de la pharmacie spécialisée, Pershing Square, le fonds alternatif dirigé par l'investisseur activiste William Ackman a annoncé lundi avoir acquis une participation de 9,7% dans Allergan, le fabricant de l'antirides Botox, tout en disant coopérer avec le canadien Valeant Pharmaceuticals International en vue du rachat de l'entreprise.

Les analystes du cabinet suisse Notenstein ont estimé que les activités d'oncologie reprises auprès de GSK devraient permettre à Novartis de surmonter l'obstacle de la tombée dans le domaine public d'un certain nombre de ses brevets.

Des analystes de Barclays jugent de leur côté que le prix payé est assez élevé. Il pourrait en effet gonfler jusqu'à 16 milliards de dollars si certaines étapes sont franchies.

(Avec Alice Baghdjian et Ben Hirschler, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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