Novartis affiche ses ambitions dans les biosimilaires

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NOVARTIS A DE GRANDES AMBITIONS DANS LES BIOSIMILAIRES
NOVARTIS A DE GRANDES AMBITIONS DANS LES BIOSIMILAIRES

KUFSTEIN, Autriche (Reuters) - Novartis va pratiquement tripler son offre de produits biosimilaires sur le marché d'ici 2020, pariant sur ces copies de traitements du cancer et du système immunitaire pour tailler des croupières à ses rivaux.

Sandoz, la filiale de génériques du groupe suisse, compte commercialiser à cet horizon huit biosimilaires, contre trois actuellement, à mesure que les brevets des originaux tombent dans le domaine public.

Ces nouveaux produits seront des versions génériques du Humira d'AbbVie, de l'Enbrel et du Neulasta d'Amgen, du Remicade de Johnson & Johnson et du Rituxan de Roche, a précisé à Reuters Richard Francis, le patron de Sandoz.

Les originaux qu'ils imitent ont réalisé des ventes cumulées de 44 milliards de dollars en 2015, dont 13 milliards pour le seul Humira.

Ces copies qui fonctionnent comme leurs modèles sans être identiques -- un médicament biotechnologique ne peut être dupliqué totalement en raison de sa complexité moléculaire -- seront évidemment appréciées des assureurs, des caisses de remboursement et des gouvernements soucieux de maîtriser leurs coûts de santé, a souligné Richard Francis.

"Nous pensons que nous pouvons devenir un vrai partenaire pour les payeurs et les systèmes de santé en les aidant à gérer leurs budgets", a-t-il dit lors d'une interview accordée dans l'usine flambant neuve de Sandoz à Kupstein, dans le Tyrol autrichien.

Joe Jimenez, le directeur général de Novartis, estime que les biosimilaires pourraient être 75% moins chers que les produits qu'ils imitent, soit un écart de prix encore plus important que ce qui était prévu au début.

Ce que Novartis perdrait en prix, il entend le rattraper avec les volumes.

Selon le cabinet de conseil IMS Health, les biosimilaires permettront aux systèmes de santé des Etats-Unis et de l'Union européenne d'économiser entre 50 et 100 milliards d'euros d'ici 2020, à condition de surmonter les réserves des médecins envers ces génériques qui ne sont pas des copies exactes.

Les biosimilaires sont apparus en Europe il y a 10 ans mais ont dû attendre l'an dernier pour arriver aux Etats-Unis avec le Zarxio, produit par Sandoz, qui a obtenu son autorisation de mise sur le marché après une longue bataille judiciaire.

Ce produit, imitation du Neupogen d'Amgen, combat les risques d'infection chez les patients atteints d'un cancer.

Alors que l'Agence européenne du médicament a approuvé plus de 20 médicaments biosimilaires depuis 2006, dont trois de Novartis, son équivalent américain, la FDA (Food and Drug Administration) n'en a autorisé que deux, le Zarxio en septembre dernier et, plus récemment, la version biosimilaire du Remicade proposée par le sud-coréen Celltrion.

A l'image d'Amgen qui avait multiplié les recours contre le Zarxio, les laboratoires classiques combattent comme ils le peuvent cette concurrence nouvelle.

Le brevet du Humira, le traitement de l'arthrite qui est le médicament le plus vendu au monde, expire ainsi en décembre mais AbbVie, son propriétaire, assure qu'il bénéficie d'une protection jusqu'en 2022 grâce à des brevets additionnels.

(John Miller, Véronique Tison pour le service français)

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