Novartis affiche ses ambitions dans les biosimilaires

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    par John Miller 
    KUFSTEIN, Autriche, 20 juin (Reuters) - Novartis  NOVN.S  va 
pratiquement tripler son offre de produits biosimilaires sur le 
marché d'ici 2020, pariant sur ces copies de traitements du 
cancer et du système immunitaire pour tailler des croupières à 
ses rivaux. 
    Sandoz, la filiale de génériques du groupe suisse, compte 
commercialiser à cet horizon huit biosimilaires, contre trois 
actuellement, à mesure que les brevets des originaux tombent 
dans le domaine public. 
    Ces nouveaux produits seront des versions génériques du 
Humira d'AbbVie  ABBV.N , de l'Enbrel et du Neulasta d'Amgen 
 AMGN.O , du Remicade de Johnson & Johnson  JNJ.N  et du Rituxan 
de Roche  ROG.S , a précisé à Reuters Richard Francis, le patron 
de Sandoz. 
    Les originaux qu'ils imitent ont réalisé des ventes cumulées 
de 44 milliards de dollars en 2015, dont 13 milliards pour le 
seul Humira. 
    Ces copies qui fonctionnent comme leurs modèles sans être 
identiques -- un médicament biotechnologique ne peut être 
dupliqué totalement en raison de sa complexité moléculaire -- 
seront évidemment appréciées des assureurs, des caisses de 
remboursement et des gouvernements soucieux de maîtriser leurs 
coûts de santé, a souligné Richard Francis. 
    "Nous pensons que nous pouvons devenir un vrai partenaire 
pour les payeurs et les systèmes de santé en les aidant à gérer 
leurs budgets", a-t-il dit lors d'une interview accordée dans 
l'usine flambant neuve de Sandoz à Kupstein, dans le Tyrol 
autrichien. 
    Joe Jimenez, le directeur général de Novartis, estime que 
les biosimilaires pourraient être 75% moins chers que les 
produits qu'ils imitent, soit un écart de prix encore plus 
important que ce qui était prévu au début.  
    Ce que Novartis perdrait en prix, il entend le rattraper 
avec les volumes. 
    Selon le cabinet de conseil IMS Health, les biosimilaires 
permettront aux systèmes de santé des Etats-Unis et de l'Union 
européenne d'économiser entre 50 et 100 milliards d'euros d'ici 
2020, à condition de surmonter les réserves des médecins envers 
ces génériques qui ne sont pas des copies exactes. 
    Les biosimilaires sont apparus en Europe il y a 10 ans mais 
ont dû attendre l'an dernier pour arriver aux Etats-Unis avec le 
Zarxio, produit par Sandoz, qui a obtenu son autorisation de 
mise sur le marché après une longue bataille judiciaire.  
    Ce produit, imitation du Neupogen d'Amgen, combat les 
risques d'infection chez les patients atteints d'un cancer. 
    Alors que l'Agence européenne du médicament a approuvé plus 
de 20 médicaments biosimilaires depuis 2006, dont trois de 
Novartis, son équivalent américain, la FDA (Food and Drug 
Administration) n'en a autorisé que deux, le Zarxio en septembre 
dernier et, plus récemment, la version biosimilaire du Remicade 
proposée par le sud-coréen Celltrion  068270.KQ . 
    A l'image d'Amgen qui avait multiplié les recours contre le 
Zarxio, les laboratoires classiques combattent comme ils le 
peuvent cette concurrence nouvelle.  
    Le brevet du Humira, le traitement de l'arthrite qui est le 
médicament le plus vendu au monde, expire ainsi en décembre mais 
AbbVie, son propriétaire, assure qu'il bénéficie d'une 
protection jusqu'en 2022 grâce à des brevets additionnels. 
 
 (Véronique Tison pour le service français) 
 

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