Nouvelles violences xénophobes en Afrique du Sud

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(Actualisé avec réaction de Pékin, protestation au Mozambique) JOHANNESBURG, 16 avril (Reuters) - La police sud-africaine a tiré des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants anti-immigrés dans la banlieue de Johannesburg, a constaté jeudi un journaliste de Reuters, alors que le président Jacob Zuma appelait à la fin des violences. Quelque 200 manifestants réclamant le départ des étrangers vivant en Afrique du Sud avaient auparavant lancé des pierres sur des véhicules de police. Cette vague de violences xénophobes, qui a débuté il y a deux semaines à Durban, a déjà fait quatre morts et a gagné jeudi Johannesburg, où une soixantaine de personnes avaient été tuées en 2008 lors d'une précédente série d'attaques de ce genre. Lors d'un discours devant le Parlement jeudi au Cap, le président Jacob Zuma a condamné ces violences qu'il a qualifiées de "violation" des valeurs sud-africaines. "Aucun sentiment de frustration ou de colère ne peut justifier les attaques contre les étrangers et le pillage de leurs magasins. Nous condamnons ces violences avec la plus grande fermeté. Ces attaques sont une violation des valeurs que l'Afrique du Sud porte en elle", a-t-il déclaré. Jacob Zuma a dans le même temps assuré que son gouvernement travaillait à un renforcement du contrôle aux frontières. PÉKIN PROTESTE Le gouvernement chinois, un partenaire économique majeur de l'Afrique du Sud, a de son côté indiqué que des magasins tenus par des Chinois avaient été endommagés à Johannesburg et a annoncé le dépôt d'une plainte en justice. A Durban, où les violences ont débuté après des déclarations rapportées par la presse du roi zoulou Goodwill Zwelthini appelant au départ des étrangers, plusieurs centaines de personnes ont participé jeudi à une "marche pour la paix" pendant que de nouveaux heurts éclataient entre habitants, immigrés et policiers. Pays d'environ 50 millions d'habitants, l'Afrique du Sud compterait quelque cinq millions d'immigrés originaires pour la plupart d'Afrique australe, de la corne de l'Afrique et du sous-continent indien. Le taux de chômage s'élève à 25% et approche même 40% chez les plus jeunes. Les migrants sont souvent accusés de tous les maux par la population comme par certains responsables politiques, qui leur reprochent pêle-mêle de résider illégalement dans le pays, de faire des affaires au détriment des commerçants locaux ou encore de commettre des crimes. Les violences xénophobes risquent d'attiser les tensions dans les pays frontaliers de l'Afrique du Sud comme le Mozambique, un des pays les plus pauvres du monde, dont de nombreux ressortissants ont franchi la frontière à la recherche d'un travail. La société pétrochimique Sasol SOLJ.J a ainsi annoncé que les employés mozambicains du prestataire de services d'un de ses gisements gaziers avaient "dénoncé la présence d'employés sud-africains" sur le site, sans toutefois recourir à la violence. (Dinky Mkhize, avec Rogan Ward à Durban et Ben Blanchard à Pékin; Tangi Salaün pour le service français)


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