Nouvelles violences à Hama, malgré le cessez-le-feu

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Nouvelles violences à Hama, malgré le cessez-le-feu
Nouvelles violences à Hama, malgré le cessez-le-feu

BEYROUTH (Reuters) - Les forces de Bachar al Assad ont bombardé lundi un quartier de Hama, dans le centre de la Syrie, et ouvert le feu sur des habitants en faisant au moins 20 morts, selon des opposants, malgré l'engagement du régime à cesser les violences.

Cet assaut est intervenu dans le quartier d'Arbaïne, au lendemain de la visite à Hama d'observateurs des Nations unies, chargés de surveiller l'application du cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 12 avril.

"Ca a commencé dans la matinée avec des chars et l'artillerie, des habitations étaient en flammes", a dit un activiste sur place, Moussab, joint au téléphone par Reuters. "Les forces armées sont ensuite entrées (dans le quartier) et ont tiré sur des gens dans la rue."

Au moins 20 personnes ont été tuées, 60 autres blessées et il est possible que des habitants soient coincés sous les décombres de bâtiments effondrés, a ajouté cet activiste. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a annoncé quant à lui avoir recueilli 28 noms de personnes décédées lundi à Hama.

Les autorités syriennes ne se sont pas exprimées dans l'immédiat au sujet de cet assaut. Confronté depuis mars 2011 à un soulèvement, le régime de Bachar al Assad dit vouloir respecter le cessez-le-feu proposé par Kofi Annan, émissaire spécial de l'Onu. Il se réserve toutefois le droit de réagir à d'éventuelles attaques de "groupes terroristes".

Hafez al Assad, père de l'actuel président, avait écrasé dans les années 1980 une révolte à Hama, faisant des milliers de morts.

Des activistes ont affirmé par ailleurs que des soldats avaient ouvert le feu la veille pour empêcher la foule de rencontrer les observateurs sur la place principale de la ville.

"CHARS DISSIMULÉS"

Les observateurs se sont rendus lundi à Douma, dans la banlieue de Damas. Une vidéo amateur diffusée sur internet montre quatre "bérets bleus" entourés de milliers de manifestants scandant des slogans anti-Assad, et réclamant l'armement des rebelles ainsi que le départ des chars.

"Aujourd'hui tout est calme. Mais il y a eu beaucoup de tirs hier et ce matin, et les chars étaient partout. Ils les ont cachés pour faire croire aux observateurs que le cessez-le-feu était respecté", témoigne Mohamed Doumani, un opposant qui vit à Douma.

Les critiques à l'égard de la mission d'observation sont légion chez les opposants. "Quand (les observateurs) sont venus à Zabadani, ils ne sont restés que dix minutes et ont refusé de voir ce qui se passait", s'insurge Omar Hamza, qui vit près de Douma. "Ils ne sont là que pour constater la présence de chars, mais le gouvernement les cache. Les gens de Zabadani sont très en colère."

"TROP DE VIES ONT ÉTÉ PERDUES"

La poursuite des violences en Syrie a été une nouvelle fois rappelée lundi au Conseil de sécurité de l'Onu, deux jours après le vote d'une résolution qui autorise l'envoi d'une mission élargie de 300 observateurs.

"L'arrêt de la violence armée reste incomplet", a déclaré lundi le secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires politiques, Lynn Pascoe. "Trop de vies ont été perdues, les violations des droits de l'homme se poursuivent en toute impunité. Nous espérons que le déploiement d'observateurs contribuera à arrêter les crimes et à ramener la paix", a-t-il ajouté.

La résolution adoptée samedi par le Conseil de sécurité conditionne le déploiement des observateurs à l'évaluation du respect du cessez-le-feu sur le terrain. C'est dans ce cadre que Kofi Annan présentera son premier rapport, mardi, devant le Conseil de sécurité. Il devra en faire de même toutes les deux semaines et soumettra également d'éventuelles propositions de révision du mandat de la mission d'observation.

Désireuse d'accentuer encore davantage sa pression sur le régime de Damas, l'Union européenne a renforcé lundi ses sanctions à l'encontre du régime, restreignant une nouvelle fois les exportations de produits de luxe ainsi que de biens pouvant être utilisés à des fins de répression.

Louis Charbonneau, Michelle Nicols, Mariam Karouny, Dominic Evans et Oliver Holmes, Bertrand Boucey et Hélène Duvigneau pour le service français

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