Nouvelles mesures en Grande-Bretagne contre la menace islamiste

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(Actualisé avec mesures supplémentaires et déclaration de Cameron sur une éventuelle intervention militaire) par William James et Kylie MacLellan LONDRES, 1er septembre (Reuters) - Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé lundi au Parlement sa décision de faire voter de nouvelles mesures pour lutter contre l'activisme islamiste, qui permettront notamment à la police de saisir les passeports de personnes soupçonnées de vouloir rejoindre les rangs djihadistes en Irak ou en Syrie. Les djihadistes de l'Etat islamique (EI) ont diffusé en août une vidéo montrant la décapitation du journaliste américain James Foley par un homme parlant avec l'accent londonien. "Nous avons tous été choqués et écoeurés par le barbarisme dont nous avons été témoins en Irak cet été", a dit David Cameron en dévoilant son arsenal législatif devant le Parlement britannique. "Il y a deux domaines essentiels dans lesquels nous devons renforcer nos prérogatives pour combler des failles précises dans notre armure. Il s'agit d'empêcher les suspects de se déplacer et agir avec détermination à l'égard de ceux qui sont déjà là et qui posent un risque", a-t-il ajouté. David Cameron a notamment annoncé "une nouvelle législation spécifique et ciblée (...) permettant provisoirement à la police de saisir un passeport à la frontière, le temps de se renseigner sur la personne concernée". Seul le ministère de l'Intérieur peut pour l'instant retirer son passeport à un individu. Le Premier ministre conservateur a aussi annoncé que son gouvernement allait mener des consultations sur l'instauration d'un pouvoir discrétionnaire permettant d'empêcher le retour dans leur pays de Britanniques ayant prêté serment de servir des causes extrémistes. Actuellement, une telle mesure peut seulement être décidée contre des étrangers, des citoyens naturalisés ou possédant une double nationalité. Cette disposition soulève des interrogations alors que le paquet de mesures présenté par David Cameron a déjà fait l'objet d'âpres négociations avec les libéraux démocrates, partenaires des conservateurs au gouvernement et soucieux de préserver les libertés civiles. "CONTRAIRE AU DROIT INTERNATIONAL" Ancien principal conseiller juridique du gouvernement, Dominic Grieve se demande ainsi comment il est possible d'empêcher un ressortissant britannique de rentrer dans son propre pays. "Non seulement cela est contraire aux principes du droit international mais cela serait aussi en fait contraire aux principes fondamentaux de notre propre droit commun", a-t-il dit. Les autorités estiment qu'au moins 500 Britanniques sont allés combattre en Irak et en Syrie, deux pays où les djihadistes de l'Etat islamique se sont emparés de vastes pans de territoire. Le chef de la police de Londres a estimé la semaine dernière que, sur ce total, environ 250 étaient déjà revenus en Grande-Bretagne. Parmi les autres mesures envisagées par David Cameron, la police pourrait être autorisée à limiter les lieux où des personnes faisant l'objet d'une enquête peuvent s'installer pour vivre. Les compagnies aériennes seront par ailleurs tenues de remettre aux autorités les listes de leurs passagers, afin de permettre l'identification d'islamistes présumés. Interrogé par un député de l'opposition travailliste sur l'hypothèse que la Grande-Bretagne se joigne aux Etats-Unis dans leurs bombardements aériens contre l'EI en Irak, David Cameron a répondu qu'il "n'exclu(ait) rien". Vendredi dernier, les autorités britanniques ont relevé d'un cran le degré d'alerte antiterroriste au Royaume-Uni, le portant à "sévère", le deuxième niveau le plus élevé, afin de parer à un risque d'attentats en préparation. "Le relèvement du niveau d'alerte est lié aux événements de Syrie et d'Irak, où des groupes terroristes projettent des attentats contre l'Occident. Certains de ces complots impliquent probablement des combattants étrangers, de Grande-Bretagne et d'Europe, partis là-bas pour prendre part aux conflits", a expliqué la secrétaire au Home Office (ministre de l'Intérieur) Theresa May. (Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français)

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