Nouvelles manifestations en France contre le mariage homosexuel

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MANIFESTATIONS CONTRE LE MARIAGE HOMOSEXUEL
MANIFESTATIONS CONTRE LE MARIAGE HOMOSEXUEL

PARIS (Reuters) - Des milliers d'opposants au mariage homosexuel ont manifesté dimanche dans plusieurs villes françaises contre la loi adoptée définitivement le mois dernier par le Parlement, dans l'espoir qu'elle ne soit pas promulguée par François Hollande.

Le texte, qui ouvre l'adoption plénière aux couples homosexuels mariés, fait l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel, déposé par des députés de l'opposition de droite UMP et du centre-droit UDI.

A Paris, 15.000 personnes ont manifesté aux abords des Invalides selon la préfecture de police. Les organisateurs de la "Manif pour tous" ont revendiqué de fortes mobilisations dans la capitale, à Lyon, Rennes, Montpellier, Toulouse ou Dijon, évoquant 125.000 personnes au total pour une quinzaine de rassemblements.

"Cette loi va trop loin, il faut la supprimer", a dit l'une des porte-parole de la contestation, Frigide Barjot, lors de la manifestation lyonnaise. "On arrive aujourd'hui à un moment de tension que seul le président de la République peut apaiser."

La police a annoncé 10.000 manifestants à Lyon, les organisateurs faisant pour leur part état de 20.000 personnes.

A Rennes, la préfecture d'Ille-et-Vilaine a compté 12.000 manifestants et les organisateurs 20.000. Plusieurs députés UMP ont défilé à Rennes, ainsi que Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, toute vêtue de noir.

"Nous ne voulons pas de cette société de consommation (...) où le ventre des femmes devient un objet de commerce, où l'homme devient un objet de consommation", a-t-elle déclaré.

"UN DÉFERLEMENT" LE 26 MAI

A Lyon, la présence au sein de la manifestation d'un groupuscule d'extrême-droite mené par le chef de file des Jeunesses nationalistes Alexandre Gabriac a créé des tensions, obligeant le service d'ordre et la police à les extraire du rassemblement.

Pour la prochaine journée de manifestation, le 26 mai, les opposants ont promis "un déferlement pacifique mais totalement déterminé".

Ludovine de La Rochère, une autre porte-parole du mouvement, a assuré que "le 26 mai ne sera pas du tout la fin du mouvement". "Nous poursuivrons au même rythme", a-t-elle promis.

"Tant que la loi n'est pas vraiment promulguée rien n'est jouée", a dit Marie-Claire d'Hautefeuille, une manifestante à Paris. "Et même si la loi, finalement, est promulguée, ce qui se lance ici, c'est le début d'une grande mobilisation qui va au-delà du mariage homosexuel", a-t-elle ajouté.

Un espoir partagé par le député UMP Hervé Mariton. "Si par malheur le Conseil constitutionnel laisse passer ce texte, notre combat pour la famille demeure, paisiblement, généreusement. Une conviction forte ne disparaît pas par le seul effet du temps", a-t-il dit à Lyon.

Les élus UMP à l'origine du recours devant le Conseil constitutionnel estiment que la loi met en cause deux principes fondamentaux: l'altérité sexuelle des époux et la filiation, inscrite dans une double lignée paternelle et maternelle.

Le texte, voté le 23 avril à l'Assemblée nationale par 331 voix contre 225, fait de la France le 14e Etat au monde à autoriser le mariage homosexuel.

Jean-Baptiste Vey, avec Thierry Chiarello et Noémie Olive à Paris, Catherine Lagrange à Lyon et Pierre-Henri Allain à Rennes, édité par Marc Angrand

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