Nouvelles manifestations des sans-emploi en Tunisie

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    KASSERINE, Tunisie, 21 janvier (Reuters) - La police 
tunisienne a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser 
plusieurs centaines de manifestants qui voulaient s'en prendre à 
des bâtiments gouvernementaux dans plusieurs villes du pays 
jeudi au troisième jour de protestations pour dénoncer le 
chômage. 
    Plusieurs milliers de jeunes Tunisiens ont manifesté devant 
les bureaux de la préfecture à Kasserine, ville défavorisée du 
centre du pays où le mouvement de protestation a débuté après le 
suicide d'un homme qui se serait vu refuser un emploi dans la 
fonction publique. 
    Les forces de l'ordre sont également intervenues dans les 
villes de Jamdouba, Beja et Skira, ainsi qu'à Sidi Bouzid où les 
protestataires scandaient "du travail ou une autre révolution", 
selon des témoins et les médias locaux. 
    Le gouvernement du président Béji Caïd Essebsi a annoncé 
mercredi qu'il allait embaucher plus de 6.000 jeunes 
actuellement au chômage à Kasserine et lancer des projets de 
construction. Jeudi, des centaines de personnes se sont 
présentées pour trouver du travail dans cette localité où la 
tension reste forte. 
    "Je suis sans travail depuis 13 ans et je suis un technicien 
qualifié. On ne demande pas la charité mais seulement un droit 
au travail", a déclaré Mohamed Mdini, un des manifestants de 
Kasserine alors que la foule chantait "Travail, liberté, 
dignité". 
    Un policier a été tué mercredi après avoir été attaqué par 
des manifestants réclamant du travail à Feriana située au sud de 
Kasserine, dans le centre-ouest du pays, a annoncé le ministère 
de l'Intérieur. 
    La "révolution de jasmin", qui a donné le coup d'envoi du 
printemps arabe, était partie des émeutes ayant suivi la mort, 
le 4 janvier 2011, de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant qui 
s'était immolé par le feu à Sidi Bouzid. 
    Le taux de chômage en Tunisie a atteint 15,3% de la 
population active à la fin 2015, contre 12% en 2010. Les 
attentats islamistes qui ont frappé le pays l'an dernier ont 
pesé sur l'économie, en particulier sur le secteur touristique. 
     
     
 
 (Tarek Amara; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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