Nouvelles manifestations de sans-emploi en Tunisie

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 (Précisions) 
    KASSERINE, Tunisie, 20 janvier (Reuters) - La police 
tunisienne a fait usage de gaz lacrymogènes mercredi pour 
disperser plusieurs milliers de manifestants rassemblés pour 
réclamer du travail à Kasserine, dans le centre du pays, et des 
rassemblements de moindre ampleur ont été signalés à Tunis et 
dans au moins huit autres villes, ont rapporté des habitants. 
    Brûlant des pneus et scandant "Du travail, des libertés, de 
la dignité!", les manifestants ont protesté pour la deuxième 
journée consécutive à Kasserine et se sont heurtés aux forces de 
l'ordre. 
    Ce mouvement fait suite au suicide d'un jeune chômeur, Ridha 
Yahyaoui, qui selon des témoins a mis fin à ses jours faute 
d'avoir pu obtenir un emploi dans la fonction publique. 
    La "révolution de jasmin", qui a donné le coup d'envoi du 
printemps arabe, était partie des émeutes ayant suivi la mort, 
le 4 janvier 2011, de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant qui 
s'était immolé par le feu à Sidi Bouzid. 
    La plus importante manifestation de mercredi a eu lieu à 
Kasserine mais des jeunes gens sont également descendus dans la 
rue à Seliana, à Tahala, Feriana, Sbiba, El Fahs, Kairouan et 
Sousse, de même qu'à Tunis, où plusieurs centaines de personnes 
ont défilé sur l'avenue Bourguiba, dans le centre. 
    A Kasserine, des manifestants ont tenté d'envahir un 
commissariat de police et les forces de l'ordre les ont 
repoussés en faisant usage de gaz lacrymogène. Des barrages de 
pneus enflammés bloquaient certaines rues alors que les 
policiers pourchassaient les manifestants. 
    "Cela fait sept ans que je n'ai pas de travail. On en a 
assez des promesses. Cette fois, nous ne rentrerons pas chez 
nous tant que nous n'aurons pas obtenu quelque chose de concret 
(...) Nous voulons seulement vivre dans la dignité", déclarait 
Samir, un protestataire de 30 ans. 
    Les manifestants ont promis de rester dans la rue la nuit 
prochaine, ignorant le couvre-feu nocturne instauré mardi dans 
la ville. 
    "Nous ne pouvons pas arranger les choses à Kasserine d'un 
coup de baguette magique mais des investissements publics vont 
être bientôt lancés là-bas", a déclaré Khaled Chaouket, 
porte-parole du gouvernement tunisien. 
    Le taux de chômage en Tunisie a atteint 15,3% de la 
population active à la fin 2015, contre 12% en 2010. Les 
attentats islamistes qui ont frappé le pays l'an dernier ont 
pesé sur l'économie, en particulier sur le secteur touristique. 
 
 (Tarek Amara; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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