Nouvelles frappes aériennes turques contre le PKK en Irak

le , mis à jour à 14:37
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(Précisions, réaction irakienne) par Humeyra Pamuk ISTANBUL, 29 juillet (Reuters) - L'armée de l'air turque a mené dans la nuit de mardi à mercredi ses frappes les plus importantes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak depuis le début des raids vendredi, ont annoncé les autorités turques. Les F-16, qui ont décollé de la base aérienne de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, ont frappé six objectifs du PKK en Irak, a annoncé dans un communiqué le Premier ministre Ahmet Davutoglu. "L'attaque de la nuit dernière était la plus importante depuis le début de la campagne la semaine dernière", a précisé un responsable turc sous le sceau de l'anonymat. Mardi, les F-16 turcs avaient mené des frappes contre des positions du PKK dans le sud-est de la Turquie, dans la province de Sirnak qui jouxte la frontière irakienne, en représailles à une attaque contre une patrouille de la gendarmerie. La Turquie a commencé à bombarder les camps du PKK dans le nord de l'Irak vendredi dernier, pratiquement en même temps que les frappes lancées contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie. Le Premier ministre turc a parlé de "combat synchronisé contre le terrorisme". ID:nL5N1092QY La Turquie a aussi permis à la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre l'EI d'utiliser ses bases aériennes. Le conseil des ministres a approuvé mercredi matin cette décision, qui concerne notamment la base d'Incirlik. L'accord ne porte que sur la lutte contre les djihadistes et ne prévoit pas de soutien aérien aux combattants kurdes dans le nord de la Syrie, a toutefois souligné le ministère turc des Affaires étrangères. SOUVERAINETÉ Dans leur lutte contre l'Etat islamique, les Etats-Unis s'appuient sur les combattants kurdes des YPG (Unités de protection du peuple), branche militaire du Parti de l'union démocratique (PYD), qui combattent les djihadistes en Syrie. Les frappes turques contre les peshmergas en Irak ont été condamnées par le gouvernement de Bagdad, qui les considère comme une violation de la souveraineté irakienne. Dans un communiqué publié sur son site internet, le Premier ministre irakien Haïder al Abadi appelle Ankara à éviter toute escalade et à rechercher un règlement pacifique à la crise. Le chef du parti turc d'opposition pro-kurde HDP, Selahattin Demirta, a appelé mercredi à l'arrêt immédiat des hostilités. ID:nL5N1092C1 "Nous devons faire des pressions démocratiques afin de mettre fin immédiatement aux combats. Nous sommes prêts à travailler avec tous les politiques qui veulent parvenir à cela", a-t-il dit à la presse. Le PKK a déclaré que le processus de paix n'avait plus aucun sens après les frappes aériennes. Mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a jugé impossible de poursuivre ce processus de paix avec les séparatistes kurdes et a appelé le Parlement à lever l'immunité des personnalités politiques liées au PKK. ID:nL5N10825H IMMUNITÉ Ces déclarations ont été considérées comme visant expressément le HDP, qui a contribué, lors des élections législatives du 7 juin dernier, à la perte de la majorité absolue que l'AKP, le parti du président Erdogan, détenait au Parlement depuis 2002. Le Parlement turc doit discuter dans la journée à huis clos des opérations militaires en Irak et en Syrie, ainsi que de l'appel du chef de l'Etat à la levée de l'immunité des élus pro-kurdes. "Le HDP a détruit la confiance, a trahi le processus de paix", a déclaré le vice-Premier ministre turc, Yalcin Akdogan, à l'agence de presse Anatolie. "On ne sait pas comment va se poursuivre le processus. Le PKK doit d'abord déposer les armes. Si quelque chose doit être discuté, nous pourrons en discuter après", a-t-il ajouté. Les négociations de paix avec le PKK ont été ouvertes fin 2012 dans le but de mettre fin à l'insurrection, cantonnée pour l'essentiel au Sud-Est turc à majorité kurde et qui a fait près de 40.000 morts depuis 1984. Un fragile cessez-le-feu était observé depuis mars 2013. Les pays occidentaux alliés de la Turquie lui reconnaissent le droit de se défendre mais ont demandé à Ankara de ne pas enterrer les négociations de paix. (Avec Nevzat Devranoglu et Asli Kandemir à Istanbul et Orhan Coskun, Gulsen Solaker, Ece Toksabay et Dasha Afanasieva à Ankara, Stephen Kalin à Bagdad; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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  • M940878 le mercredi 29 juil 2015 à 12:55

    on sait de quel côté ils sont ces turcs , dire que certains étaient favorables à leur entrée dans la zone euro