Nouvelles frappes aériennes sur Alep, "calme" ailleurs en Syrie

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 (Actualisé avec les Etats-Unis travaillant sur des "initiatives 
spécifiques") 
    par John Davison 
    BEYROUTH, 1er mai (Reuters) - Une trentaine de frappes 
aériennes ont touché samedi les secteurs de la ville syrienne 
d'Alep tenus par les rebelles pendant qu'un calme "temporaire" 
décrété par l'armée syrienne a pris effet autour de Damas et 
dans le nord-ouest du pays. 
    A Alep, il s'est agi du neuvième jour de combats acharnés 
entre forces gouvernementales et insurgés qui ont coûté la vie à 
près de 250 civils, a annoncé l'Observatoire syrien des droits 
de l'homme (OSDH). 
    Ces combats ont, à peu de choses près, fait voler en éclats 
un accord de cessation des hostilités conclu en février et ont 
précipité l'interruption des pourparlers de paix Genève, le Haut 
Comité des Négociations (HCN), principal organe représentatif de 
l'opposition syrienne, ayant suspendu la semaine dernière sa 
participation au processus. 
    Vendredi soir, le gouvernement syrien avait annoncé un 
"régime de calme", soit un bref arrêt des combats, près de Damas 
et dans la province de Lattaquié à partir de samedi, une mesure 
censée, selon le régime de Bachar al Assad, sauver l'accord de 
cessation des hostilités. 
    Certains groupes rebelles semblent cependant rejeter le 
"régime de calme. "Nous n'accepterons la moindre forme (...) de 
cessez-le-feu régionaux", ont déclaré dans un communiqué nombre 
de ces groupes. 
    La pause dans les combats a semblé prévaloir tout au long de 
la journée de samedi autour de la capital et dans la province de 
Lattaquié, mais les bombardements ont continué sur Alep, ville 
exclue du "régime de calme" annoncé par l'armée syrienne. 
    Les Etats-Unis travaillent sur des "initiatives spécifiques" 
pour faire diminuer la violence en Syrie et, dans ce cadre, 
faire cesser le bain de sang à Alep est la priorité numéro un, a 
dit samedi un porte-parole du département d'Etat américain. 
    Dans un communiqué, le porte-parole du département d'Etat 
John Kirby a relaté les appels passés au cours des derniers 
jours par le secrétaire d'Etat John Kerry à Staffan de Mistura, 
l'émissaire des Nations Unies pour la Syrie et à Riyad Hidjab, 
un négociateur pour les partis d'opposition syrien. 
    John Kerry a dit sans ambages que les Etats-Unis voulaient 
voir la Russie exercer une pression sur le gouvernement de 
Bachar al Assad pour qu'il cesse ses "frappes aériennes (...) 
sur Alep. 
    Le secrétaire d'Etat américain se rendra dimanche et lundi à 
Genève pour discuter du conflit syrien avec ses homologues 
jordanien Nasser Djoudeh, saoudien Adel Al Djoubeïr, et Staffan 
De Mistura, avait dit plus tôt le département d'Etat. 
    Jeudi, l'émissaire des Nations Unies pour la Syrie a exhorté 
Vladimir Poutine et Barack Obama à sauver le cessez-le-feu mis 
en place en Syrie, estimant qu'il était "tout juste en vie", 
tout en appelant les présidents russe et américain à relancer un 
processus de paix en perdition. 
    Depuis cinq ans, la guerre qui fait rage en Syrie a tué au 
moins 250.000 personnes et entraîné le déplacement de millions 
d'autres. 
     
    "UN PEU PLUS CALME" 
    Au moins cinq personnes sont mortes samedi matin dans la 
dernière vague de raids aériens, a déclaré l'OSDH, ONG basée à 
Londres qui suit quotidiennement la guerre en Syrie grâce à un 
réseau d'informateurs sur le terrain.  
    L'Observatoire ne précise pas si les frappes aériennes ont 
été menées par des avions de l'armée syrienne ou par ceux de 
l'armée russe, qui soutient Damas. 
    Depuis le 22 avril, les bombardements des quartiers rebelles 
d'Alep par le camp du président syrien Bachar al Assad ont tué 
140 civils dont 19 enfants, précise l'OSDH. 
    Le pilonnage par les insurgés des secteurs de la ville tenus 
par le gouvernement ont tué 96 personnes sur la même période, 
ajoute l'ONG. 
    Le directeur de l'OSDH, Rami Abdulrahman, a déclaré que les 
quartiers d'Alep tenus par le gouvernement étaient "un peu plus 
calmes aujourd'hui", mais qu'ils continuaient d'être 
épisodiquement frappés par les obus tirés par les insurgés.  
    "Il n'y a pas de combats à Lattaquié, pas de combats dans la 
Ghouta (à l'est de Damas)", a-t-il ajouté. Le "régime de calme" 
a été instauré le samedi à une heure du matin (22h00 GMT 
vendredi). 
    Un habitant de la Ghouta occidentale, région assiégée par 
l'armée loyaliste, a confirmé que les bombardements y avaient 
cessé au cours de la nuit.  
    L'armée syrienne a déclaré que cette trêve serait maintenue 
pendant 24 heures dans la Ghouta orientale et 72 heures dans la 
région côtière de Lattaquié (nord-ouest).  
    Des hélicoptères de l'armée syrienne ont largué samedi des 
barils d'explosifs au sud-ouest de Damas, mais hors de la zone 
concernée par la trêve, a déclaré l'OSDH.  
    Les agences humanitaires continuent à livrer de l'aide dans 
l'ouest du pays mais déplorent que l'accès aux localités dans le 
besoin ne soit pas régulier et soulignent que de nombreux 
Syriens sont toujours privés d'assistance.  
     Le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré samedi 
qu'une aide était parvenue aux habitants des villes de Zabadani 
et Madaya, ainsi que des villages d'al-Foua et Kefraya, dans la 
province d'Idlib. 
 
 (Danielle Rouquié, Jean-Stéphane Brosse et Benoît Van 
Overstraeten pour le service français) 
 
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