Nouvelles évacuations dans l'Alberta où les flammes progressent

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    * La superficie parcourue par l'incendie a été multipliée 
par dix entre mercredi et jeudi 
    * Des milliers de personnes attendent leur évacuation en 
lieu sûr 
    * 20% de la production canadienne de brut à l'arrêt 
 
    par Rod Nickel 
    CONKLIN, Alberta, 6 mai (Reuters) - Le gigantesque incendie 
de forêt qui fait rage dans le nord de la province canadienne de 
l'Alberta a encore progressé jeudi, isolant des évacués ayant 
déjà fui la ville de Fort McMurray, capitale de l'extraction des 
sables bitumineux, et menaçant des petites bourgades. 
    En vingt-quatre heures, les ravages provoqués par cet 
incendie hors de contrôle ont été multipliés par dix. 
    Mercredi, le feu avait parcouru 7.500 hectares; jeudi, les 
autorités parlaient de 85.000 hectares dévastés par les flammes, 
soit près de dix fois la taille de Manhattan, malgré la 
mobilisation de plus de 1.110 pompiers appuyés par 145 
hélicoptères et de 22 avions-citernes. 
    "Les dégâts essuyés par Fort McMurray sont considérables et 
la ville n'est pas sûre pour ses habitants", a déclaré la 
Première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, tard jeudi soir 
devant la presse. 
    "Il est tout simplement impossible, et il ne serait pas 
responsable, de spéculer sur une date de retour. Nous savons que 
ce ne sera pas une question de jours", a-t-elle ajouté, appelant 
les évacués à la patience. 
    Les 88.000 habitants de Fort McMurray ont reçu dès mardi 
l'ordre d'évacuer la ville. D'autres localités ont suivi à 
mesure que le feu, parti dimanche, progressait dans cette 
province du centre du Canada. 
    Certains quartiers de Fort McMurray ont été réduits en 
cendres et 1.600 constructions, dont des centaines de maisons, 
ont été détruites selon le dernier bilan des autorités, qui n'a 
pas été actualisé depuis mercredi.  
    A une cinquantaine de kilomètres plus au sud, les localités 
d'Anzac et de Gregoire Lake Estates ont été placées en état de 
"menace extrême" par les autorités. 
    Des flammes ont coupé par intermittence l'autoroute 63, la 
seule route menant vers le sud, forçant des milliers d'évacués à 
se réfugier au nord dans les campements des sociétés 
d'exploitation pétrolière.  
    Un pont aérien a été mis en place. Jeudi soir, quelque 4.000 
personnes avaient été acheminées par les airs vers les villes 
d'Edmonton et de Calgary. Les autorités espéraient en évacuer 
3.000 de plus d'ici la fin de la journée. 
    Le feu a également entraîné par mesure de précaution l'arrêt 
de la production pétrolière dans la région, soit 680.000 barils 
par jour, 20% environ de la production canadienne, poussant les 
cours mondiaux du pétrole à la hausse.   
    Le sinistre, pour la seule ville de Fort McMurray, pourrait 
coûter aux assureurs dans les neuf milliards de dollars 
canadiens (6,15 milliards d'euros), ce qui serait de loin la 
catastrophe naturelle la plus coûteuse qu'ait jamais connue le 
Canada, selon une étude de BMO Marchés des capitaux, filiale de 
Banque de Montréal.     
 
 (avec Liz Hampton à Lac La Biche, Andrea Hopkins à Toronto, Nia 
Williams à Calgary et Liz Hampton à Edmonton; Eric Faye et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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