Nouvelles dispositions pour lutter contre le gaspillage alimentaire

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Le parlement a voté jeudi soir un texte qui empêchera les moyennes et grandes surfaces de rendre impropre à la consommation les invendus. Les professionnels estiment que la loi se trompe de cible.

Les députés ont adopté jeudi soir à l'unanimité des amendements au projet de loi sur la transition énergétique qui visent à limiter le gaspillage alimentaire. «Voir de l'eau de Javel déversée sur les poubelles des grandes surfaces avec des aliments consommables, ça scandalise», a justifié Guillaume Garot, député PS de la Mayenne et ancien ministre délégué à l'Agro-alimentaire, à l'origine de ces textes.

Les moyennes et grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés devront s'efforcer de prévenir tout gaspillage ou d'utiliser leurs invendus soit en en faisant don, soit en les destinant à la nourriture animale ou à la fabrication de compost pour l'agriculture ou une valorisation énergétique.

«Organiser la collecte»

Elles ne pourront plus rendre les invendus impropres à la consommation. Elles devront également conclure des conventions avec des organisations caritatives.

Les professionnels ont accueilli sans enthousiasme ces nouvelles dispositions. «La loi se trompe de cible et de sujet, a déploré Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération de Commerce et de la distribution. La grande distribution ne représente que 5% du gaspillage alimentaire… Nous sommes les premiers donateurs et plus de 4500 magasins ont signé des conventions avec des associations humanitaires.»

De son coté, Edouard Leclerc a souligné la nécessité d'un plan d'aide aux associations pour qu'elles s'équipent en réfrigérateurs et en camions afin d'écouler plus facilement les marchandises qui leur seront données: «C'est bien d'interdire, mais il faut organiser la collecte de l'autre côté».

Chaque Français jette en moyenne 20 à 30 kilos de nourriture par an ce qui représente 12 à 20 milliards d'euros. Le gouvernement avait fixé en 2012 un objectif de division par deux de ces gaspillages d'ici 2025.

Texte consensuel

La discussion et le vote de ces amendements se sont fait dans un climat relativement consensuel. Guillaume Garot a ainsi réussi à faire cosigner ces propositions d'amendements par des députés de l'UMP, Jean-Pierre Decool, d'EELV, Brigitte Alain et du Front de gauche, Marc Dolez. Arash Derambarsh, élu DVD de Courbevoie a salué «l'aboutissement d'un travail de terrain». Il avait réuni 200 000 signatures cet hiver «pour dire stop au gâchis alimentaire».

L'UMP Frédéric Lefebvre a cependant relevé le risque possible d'une censure de ces amendements par le Conseil Constitutionnel car ils ont été ont été introduits lors d'une nouvelle lecture et non dès la première.

Quand ces mesures anti-gaspillage entreront en vigueur «il restera néanmoins beaucoup à faire» a estimé l'élu de la Mayenne évoquant la mobilisation des collectivités locales, la formation professionnelle et la sensibilisation des consommateurs.

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  • frk987 le vendredi 22 mai 2015 à 10:32

    Que l'on serve aux intelligents députés qui ont voté cette loi stupide les produits périmés.....bon appétit !!!!

  • p.cuquel le vendredi 22 mai 2015 à 09:24

    c'est le principe même du supermarché qui a généré le gaspillage ainsi que la baisse de la qualité des produits... et ce sont les mêmes qui ont obligé ces supermarchés a détruire les invendus au nom du principe de précaution si cher a nos représentants qui on le voit ne savent plus décider.

  • lsleleu le vendredi 22 mai 2015 à 08:50

    Les super marchés n'ont jamais jeté par plaisir mais a cause des réglementations idiotes .... faites par qui ?