Nouvelles "dernières" expertises dans l'affaire Grégory

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LA JUSTICE ORDONNE DEUX NOUVELLES SÉRIES D'EXPERTISE DANS L'AFFAIRE GRÉGORY
LA JUSTICE ORDONNE DEUX NOUVELLES SÉRIES D'EXPERTISE DANS L'AFFAIRE GRÉGORY

STRASBOURG (Reuters) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a ordonné mercredi deux nouvelles séries d'expertises pour tenter de lever le mystère qui plane encore sur le meurtre du petit Grégory Villemin, le 16 octobre 1984 dans les Vosges.

Une première série d'analyses génétiques effectuées à la demande des parents après la réouverture du dossier, le 20 octobre 2010, s'était révélée infructueuse.

Répondant à une nouvelle sollicitation de Christine et Jean-Marie Villemin, la cour d'appel a ordonné une nouvelle recherche d'ADN sur les vêtements de l'enfant, "en envisageant notamment d'utiliser la technique de la microdissection", a précisé le procureur général Jean-Marie Beney.

Un tel procédé n'était pas envisageable il y a quelques années, encore moins au moment des faits.

Une deuxième recherche d'ADN portera sur les chaussures de la victime et, si nécessaire par la suite, sur les traces de nature à révéler les derniers lieux fréquentés par l'enfant, dont elles seraient porteuses.

Deux autres demandes d'analyses, portant l'une sur des papiers et documents saisis chez différents protagonistes de l'affaire, l'autre sur des lettres anonymes, ont été refusées car jugées insuffisamment pertinentes ou, pour certaines des lettres, déjà en cours.

La chambre de l'instruction a par ailleurs ordonné voici quelques jours une expertise comparative des enregistrements de la voix du "corbeau", qui avait harcelé des membres de la famille Villemin après le meurtre, avec ceux de plusieurs protagonistes de l'affaire effectués par des radios et conservés par l'Institut national de l'audiovisuel.

L'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, saisie d'une étude de faisabilité par la chambre de l'instruction, avait conclu positivement.

"Cela prendra plusieurs mois", a dit Jean-Marie Beney.

Le meurtre du petit Grégory, 4 ans, dont le corps a été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, à Lépange-sur-Vologne, son village, reste une des affaires les plus retentissantes et les plus médiatisées des annales judiciaires de ces trente dernières années en France.

Bernard Laroche, un parent, avait été mis en examen pour le meurtre, puis libéré, en raison d'erreurs de procédure notamment. Il a été abattu par le père de l'enfant avant que la mère, Christine Villemin, soit elle-même poursuivie.

La cour d'appel de Dijon a finalement innocentée celle-ci en 1993 et a reconnu qu'il s'agissait d'une fausse piste.

Gilbert Reilhac, édité par Emmanuel Jarry

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