Nouvelles accusations de fraude dans la présidentielle afghane

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par Hamid Shalizi et Jessica Donati KABOUL, 3 août (Reuters) - La crise politique qui a suivi l'élection présidentielle contestée de juin en Afghanistan s'est aggravée dimanche, les partisans d'un des deux candidats accusant un proche du président sortant Hamid Karzaï d'avoir organisé une fraude en faveur de l'autre candidat. L'élection présidentielle a opposé en juin l'ancien économiste de la Banque mondiale Ashraf Ghani, donné vainqueur selon des résultats préliminaires, à l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah. Des sympathisants d'Abdullah Abdullah, qui conteste sa défaite en raison selon lui de fraudes massives, ont rendu public un enregistrement dans lequel, on entend selon eux le vice-président Mohammad Karim Khalili encourager la fraude électorale en faveur d'Ashraf Ghani. L'équipe de Mohammad Karim Khalili et celle d'Ashraf Ghani ont considéré que l'enregistrement était truqué. Dans l'enregistrement, la personne appelle le gouvernement et les commissions électorales à favoriser Ashraf Ghani. "Le résultat de cette élection doit être favorable à cette équipe (...) même si les moyens employés vont à l'encontre des mécanismes électoraux", entend-on, "l'équipe" faisant référence à celle d'Ashraf Ghani, précité dans l'enregistrement. Les sympathisants d'Abdullah Abdullah qui ont rendu public l'enregistrement n'ont pas précisé où il avait été effectué ni comment. Son authenticité n'a pu être vérifiée par Reuters. "L'enregistrement est un faux (...) Khalili ne parle pas comme ça", a déclaré le chef de cabinet de Mohammad Karim Khalili, Abbas Basir. "L'équipe de notre concurrent en est réduite à un tel acte car elle est soumise à une immense pression." Le cabinet de Hamid Karzaï n'a pas souhaité faire de commentaire. DÉPOUILLEMENT SOUS SUPERVISION DE L'ONU Des allégations de fraude massive ont entaché le scrutin qui était censé mener à la première transition démocratique dans l'histoire de l'Afghanistan, alors que les forces armées internationales encore présentes dans le pays sont en cours de retrait. Les huit millions de bulletins glissés dans les urnes le 14 juin sont en cours de vérification sous la supervision des Nations unies, dans le cadre d'un accord obtenu par les États-Unis. ID:nL6N0PN0SD Le processus de vérification des votes a repris dimanche après une semaine d'arrêt mais en l'absence des représentants du camp d'Abdullah Abdullah qui ont décidé de boycotter l'opération. Après d'intenses discussions, ils ont toutefois rejoint l'équipe chargée du dépouillement lundi (heure locale). L'issue de l'élection a également été retardée en raison de désaccords persistants entre les deux candidats concernant des points techniques, tels que la définition des bulletins à considérer comme nuls. L'ambassadeur américain en Afghanistan, James Cunningham, a déclaré dimanche qu'il espérait une issue dans les prochaines semaines et que le nouveau président puisse être connu d'ici la fin du mois. Le retard dans l'élection présidentielle complique un peu plus la signature de deux accords qui permettraient aux États-Unis et à l'Otan de maintenir une présence militaire allégée en Afghanistan pour l'entraînement des forces afghanes des opérations d'urgence. Hamid Karzaï a refusé de signer les accords de sécurité mais les deux candidats, Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani, se sont engagés à les signer. (Agathe Machecourt pour le service français)

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