Nouvelle réunion syndicats-patronat sur la formation

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PARIS (Reuters) - Syndicats et patronat ont eu jeudi une deuxième réunion sur l'avenir de la formation professionnelle continue en France mais ne sont pas encore vraiment entrés dans le vif du sujet.

La première séance, le 24 septembre, n'avait duré qu'une demi-heure. Cette fois, les cinq délégations syndicales et une délégation patronale unique, dirigée par le Medef, ont consacré un peu plus de deux heures à un tour de table qui a permis à chacun d'exposer sa position sans entrer dans les détails techniques.

Les partenaires sociaux n'entameront véritablement les négociations que lors de leur prochaine réunion, le 23 octobre, sur la base d'un projet de texte du Medef.

La CGT, Force ouvrière (FO) et la CFE-CGC entendent venir avec un texte portant plus spécifiquement sur la mise en oeuvre du compte personnel de formation (CPF) créé par la loi de sécurisation de l'emploi de juin dernier.

Le gouvernement s'efforce d'appliquer la méthode qui lui a réussi jusqu'ici pour les réformes du marché du travail et des retraites à la formation professionnelle, une "usine à gaz" de 32 milliards d'euros dont il veut faire une arme anti-chômage.

Sur ces 32 milliards, les partenaires sociaux n'en gèrent qu'environ 13, versés par les employeurs.

Le gouvernement leur a demandé de s'accorder sur la mise en oeuvre du CPF et de conclure rapidement un accord pour qu'il puisse être transformé en projet de loi avant fin 2013.

Parallèlement, Etat, syndicats et patronat poursuivent une concertation quadripartite sur le CPF avec les régions, troisième bailleur de fonds de la formation professionnelle continue derrière les entreprises et le gouvernement.

Il est notamment demandé aux partenaires sociaux de se pencher sur les moyens d'améliorer l'accès des chômeurs et des salariés des PME à la formation continue.

PÉRIMÈTRE ET FINANCEMENT

"L'effort de formation peine à être orienté vers ceux qui en ont le plus besoin", souligne la Cour des comptes dans un rapport publié en janvier dernier.

Une des questions posées est de savoir qui bénéficiera du CPF. La CGT plaide pour un périmètre le plus large possible, incluant les jeunes entrant sans formation sur le marché du travail. Les autres organisations veulent limiter le dispositif aux salariés en entreprise et aux demandeurs d'emploi.

"Soit on cible sur des publics fragiles, soit on a une logique universelle et on en fait une garantie sociale. Mais alors, si on n'augmente pas la surface financière, comment on fait ?" résume le négociateur de FO Stéphane Lardy.

Pour Jean-Pierre Therry, son homologue de la CFTC, "les partenaires sociaux n'ont pas vocation à financer la lutte contre l'illettrisme et les bas niveaux de qualification", qui relève selon lui de l'Education nationale.

Autre question épineuse: le financement et la répartition des fonds. Les représentants des patrons de PME et très petites entreprises (TPE) et leurs salariés craignent de passer entre les mailles du filet. D'où l'idée, encore à l'état de piste de réflexion, d'une mutualisation du financement.

Le Medef, pour lequel la réforme se saurait se résumer au CPF, pose pour sa part la question de l'articulation de ce nouveau dispositif et de l'actuel congé individuel de formation (CIF), plutôt orienté vers les formations longues.

Ce qui fait craindre à la CFE-CGC, l'idée sous-jacente d'une forme de fusion, à terme, des deux mécanismes

Les partenaires sociaux doivent conclure leur négociation le 12 décembre.

Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou

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