Nouvelle recapitalisation probable pour Dexia, selon la Belgique

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Nouvelle recapitalisation probable pour Dexia, selon la Belgique
Nouvelle recapitalisation probable pour Dexia, selon la Belgique

PARIS/BRUXELLES, 30 avril - La banque franco-belge en cours de démantèlement Dexia aura sans doute besoin d'être recapitalisée une nouvelle fois, a déclaré le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), cité par la presse belge.

Actuellement tributaire des garanties de financement accordées par la Belgique et la France, l'ancien leader mondial auprès des collectivités locales avait déjà été sauvé de la faillite en 2008 grâce à une première recapitalisation publique.

"Il y a de fortes chances qu'une recapitalisation soit inévitable", a déclaré Luc Coene selon un article de l'agence de presse belge Belga.

La banque est incapable de lever de nouveaux capitaux par ses propres moyens et une injection de capital alourdirait encore l'ardoise pour les Etats belges et français en pleine période de restriction budgétaire.

Contrairement aux banques françaises qui avait bénéficié d'une aide de l'Etat mais avait remboursé avec des intérêts, l'investissement public dans Dexia ne pourra vraisemblablement jamais être récupéré.

La banque a reçu plus de 6 milliards d'euros en 2008 sur la base de 9,90 euros par action, mais le titre vaut actuellement 0,19 centime, soit une capitalisation boursière totale d'environ 350 millions d'euros seulement.

250 MILLIARDS D'ACTIFS EN PORTEFEUILLE

Dexia a dû être secourue une deuxième seconde fois en octobre 2011 par le biais d'un plan de démantèlement mis à en place par Paris, Bruxelles et le Luxembourg. La Belgique a nationalisé la banque de détail belge et de nombreuses cessions d'actifs ont été lancées mais pas toutes avec succès.

Dexia a accusé une perte nette de 11,6 milliards d'euros en 2011 et attend le feu vert de la Commission européenne pour obtenir une garantie d'Etat pour 90 milliards d'euros de financement.

Luc Coene a indiqué que le plan actuel de restructuration de Dexia ne prévoyait pas d'augmentation de capital mais qu'il avait été élaboré sur la base de "prévisions "optimistes".

"Si l'on se montre moins positif, cela pèse inévitablement sur la rentabilité et la solvabilité, ce qui pourrait conduire à la nécessité d'une recapitalisation", a-t-il indiqué à la télévision néerlandophone VRT.

Le gouverneur a en revanche démenti avoir évoqué "une recapitalisation d'urgence", comme l'avait rapporté un parlementaire belge la semaine dernière.

Bien qu'en forte baisse, la taille du bilan de Dexia est considérée par certains analystes comme systémique en cela qu'un défaut de paiement de la banque aurait des conséquences incalculables sur le système bancaire européen.

"Quelque 250 milliards d'euros d'actifs restent en portefeuille. Si on les vend maintenant, on perd la moitié de cette valeur", a expliqué Luc Coene.

Ce dernier a plaidé pour mettre en oeuvre une structure de portage avec des garanties d'Etat pour financer ces obligations jusqu'à leur échéance.

L'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) n'a pas souhaité commenté les propos du gouverneur de la Banque nationale de Belgique.

Personne n'était immédiatement disponible chez Dexia pour réagir à ses propos.

Julien Ponthus, Jean-Baptiste Vey et Marc Angrand à Paris, Philip Blenkinsop à Bruxelles, édité par Jean-Michel Bélot

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