Nouvelle polémique sur la "fin de vie" en France

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PARIS (Reuters) - Un rapport officiel sur la "fin de vie" avec en filigrane le sujet de l'euthanasie a provoqué une polémique en France mercredi alors que gauche et droite s'opposent sur ce sujet.

Ce rapport réalisé par l'Observatoire national de la fin de vie, remis mardi au Premier ministre, est censé faire le point sur le sujet après le vote en 2005 de la loi "Leonetti" autorisant l'euthanasie dite "passive", c'est-à-dire l'arrêt des traitements pour les malades mourants ou l'administration d'antalgiques à des doses susceptibles d'être mortelles.

Le chef du gouvernement, François Fillon, a salué ce rapport

en se félicitant des 230 millions d'euros consacrés au programme des soins "palliatifs", des protocoles destinés à accompagner les mourants et éviter une administration directe de la mort.

Dans un communiqué, il "réaffirme la volonté du gouvernement d'intensifier ces efforts pour développer une culture de la prise en charge palliative encore récente dans notre pays".

Il dit avoir demandé à ses ministres de "préparer le nouveau cadre qui permettra la continuité et le renforcement de l'action publique en matière de soins palliatifs". Le rapport conclut que les procédures légales ne sont pas encore appliquées.

Marie de Hennezel, psychologue connue pour ses travaux sur le sujet, a cependant annoncé sa démission de l'Observatoire, en jugeant ce rapport inutile, puisque ce constat était selon elle connu. Elle en souligne par ailleurs le coût, 450.000 euros.

"Cette somme aurait pu servir à la mise en place d'une équipe se déplaçant dans les services hospitaliers en difficulté face à l'application de la loi, afin de faire un vrai travail de pédagogie", dit-elle dans le journal Le Parisien, mercredi.

L'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), qui milite pour la légalisation de l'euthanasie dite "active" - procédure provoquant directement la mort - a estimé de son côté que le rapport occultait une nouvelle fois les problèmes posés dans certains cas d'agonies.

Jean-Luc Romero, son président, a accusé l'Observatoire d'être dominé par des associations confessionnelles, qui rejettent pour des motifs philosophiques l'euthanasie. "Ce rapport n'a aucune crédibilité", a-t-il dit sur France Info.

Favori des sondages en vue de l'élection présidentielle, le candidat du Parti socialiste, François Hollande, propose de faire un nouveau pas vers l'autorisation de gestes provoquant directement la mort, sans préciser le dispositif exact.

"Nous pensons qu'une personne en fin de vie, malade, soumise à une souffrance psychologique et physique intense doit pouvoir bénéficier d'une aide active pour mourir, mais ce doit être très strictement encadré", a dit le 27 janvier à Reuters Marisol Touraine, chargée des dossiers sociaux dans son équipe.

Dans un entretien au Figaro Magazine Nicolas Sarkozy vient en revanche d'exclure toute évolution législative sur ce point.

L'un des principaux arguments des partisans de l'euthanasie active est qu'elle serait déjà courante dans les hôpitaux, mais que les autorités et les familles fermeraient les yeux.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

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