Nouvelle plainte de Jérôme Kerviel contre la Société générale

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NOUVELLE PLAINTE DE JÉRÔME KERVIEL CONTRE LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
NOUVELLE PLAINTE DE JÉRÔME KERVIEL CONTRE LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE

PARIS (Reuters) - L'ancien trader Jérôme Kerviel a déposé plainte le 10 juillet avec constitution de partie civile contre la Société générale pour escroquerie au jugement, annonce jeudi son avocat, David Koubbi.

Il s'agit de la deuxième contre-attaque judiciaire de Jérôme Kerviel, condamné en appel, en octobre 2012, à trois ans de prison ferme et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts pour avoir pris des positions à risque sans avoir averti sa hiérarchie.

Son défenseur avait déjà déposé une première plainte fin juin pour faux et usage de faux, jugeant que les enregistrements de l'ancien trader par la Société générale ont été réalisés de "façon illicite."

Ces deux plaintes entraîneront la désignation d'un juge d'instruction, un moyen de rouvrir le dossier.

Parallèlement, Jérôme Kerviel conteste son licenciement pour faute lourde devant le Conseil des prud'hommes. Il s'est pourvu en cassation de sa condamnation en appel, ce qui suspend la peine de prison mais pas la sanction civile.

Les juges ont rejeté la semaine dernière une demande d'expertise formulée par Jérôme Kerviel sur les conditions de la perte subie par la Société générale en 2008, et fixé la prochaine audience de jugement au 24 mars prochain.

Mais l'ex-trader juge "impérieux" d'obtenir "une expertise indépendante mettant au jour les comportements de la Société générale, non conforme avec le statut de victime qu'elle s'est arrogée", indique David Koubbi dans un communiqué.

"LA SOCGEN A FAIT UN FAUX"

"Le but premier est d'obtenir la condamnation de la Société générale pour avoir fait un faux, puisque nous avons l'expertise de deux experts agrées près la cour de cassation et la cour d'appel indiquant qu'elle a fait un faux dans ce qu'elle a présenté comme étant les aveux de Jérôme Kerviel", a précisé l'avocat à Reuters.

"Le but par ailleurs est d'obtenir toujours sa condamnation pour escroquerie au jugement sur trois motifs", a-t-il ajouté.

L'ancien trader fonde en premier lieu sa plainte sur le fait que la banque a obtenu 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts lors du procès en appel en 2012 "alors qu'elle avait préalablement perçu 1,69 milliard d'euros" du ministère des Finances.

Me Koubbi soutient également que la Société générale a "aggravé les pertes imputées à Jérôme Kerviel" lors du débouclage des positions de 50 milliards d'euros qui lui sont attribuées, "en soldant également dans le même temps les positions de trois autres traders dans des proportions inconnues, puisqu'aucune expertise judiciaire n'est venue valider la prétendue perte" de la banque.

Enfin, le défenseur affirme que la Société générale a réalisé elle-même "des opérations fictives de même nature que les opérations litigieuses de son trader" dans le cadre du débouclage des positions attribuées à son client."

"Il est pour le moins étonnant que de tels éléments aient pu échapper à l'attention de la justice jusqu'à présent", dit-il.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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