Nouvelle offre d'Athènes pour échapper à la faillite

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NOUVELLE OFFRE DE LA GRÈCE POUR ÉVITER LA FAILLITE
NOUVELLE OFFRE DE LA GRÈCE POUR ÉVITER LA FAILLITE

par Lefteris Papadimas et Alastair Macdonald

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé dimanche la chancelière allemande, le président français et le président de la Commission européenne pour leur présenter de nouvelles propositions en vue d'un accord à même de sauver Athènes de la faillite.

Les institutions représentant les créanciers internationaux de la Grèce se réunissent ce dimanche à 15h00 GMT, à la veille d'un sommet extraordinaire de la zone euro, a-t-on appris de sources diplomatiques.

La réunion ne sera productive que si la proposition d'Athènes est disponible, ce qui n'était pas le cas peu avant le début de la réunion, ont ajouté les sources

Après des mois de négociations tendues avec ses bailleurs de fonds, le gouvernement grec s'est dit prêt dimanche à faire des concessions pour obtenir le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 7,2 milliards d'euros, tandis que les Grecs retiraient leurs économies en masse.

A l'approche du sommet de lundi, convoqué pour sortir ces négociations de l'impasse, on ignore toutefois si les concessions d'Alexis Tsipras, élu en janvier en promettant de mettre un terme à l'austérité, permettront de débloquer la situation.

Syriza, le parti d'extrême gauche dont il est issu, a invité les Grecs à se rassembler dimanche pour "adresser un fort message de résistance" aux bailleurs internationaux qui leur réclament de nouveaux sacrifices.

Le ton monte également en Allemagne, où l'aile bavaroise de la CDU invite Angela Merkel à faire preuve de fermeté face à Athènes, y compris au risque d'une sortie de la zone euro.

La Grèce, à court d'argent, doit rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI) le 30 juin. Si elle ne parvient pas à conclure avant cette date avec ses créanciers un accord "argent frais contre réformes", elle sera en cessation de paiement, une situation inédite pour la zone euro qui pourrait aboutir à ce "Grexit".

"HOLOCAUSTE SOCIAL"

La rupture des négociations, le week-end dernier, entre Athènes et ses créanciers, a entraîné une ruée vers les guichets des banques grecques et des mesures de contrôle des capitaux pourraient être nécessaires à brève échéance en l'absence d'accord.

Dimanche, Alexis Tsipras a donc appelé Angela Merkel, François Hollande et Jean-Claude Juncker.

"Le Premier ministre a présenté aux trois dirigeants une proposition grecque en vue d'un accord mutuellement bénéfique qui apportera une solution définitive sans repousser le problème", disent ses services dans un communiqué diffusé alors que le gouvernement était réuni en conseil des ministres.

Si les propositions de Tsipras ne sont pas acceptables pour son parti, il sera contraint de convoquer des élections anticipées ou de demander aux Grecs de lui renouveler leur confiance dans le cadre d'un référendum.

Les mesures d'austérité exigées par le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne ont entraîné une baisse de 25% du PIB, de larges coupes dans les salaires et les retraites et une aggravation du chômage, qui touche un actif sur quatre. Le gouvernement s'est jusqu'ici opposé à de nouvelles coupes dans les dépenses de retraites.

Selon un élu de Syriza, les idées avancées jusqu'ici par Jean-Claude Juncker auraient entraîné un "holocauste social".

"La démocratie ne peut pas être bafouée. La dignité ne se marchande pas", dit le parti dans son appel à manifester dimanche.

Tout le week-end, les dirigeants européens sont restés en contact étroit pour préparer le sommet extraordinaire de lundi.

En visite à Milan, où il s'est entretenu avec le président du Conseil italien Matteo Renzi, François Hollande a répété qu'il fallait "tout faire pour que la Grèce puisse rester dans la zone euro, dans le respect des engagements qui ont été pris".

(Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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  • lsleleu le lundi 22 juin 2015 à 16:55

    Une sortie de l'euro va leur permettre de redevenir compétitif s'il dévalue leur nouvelle monnaie c'est un pays peu industrialisé peu d'importation le tourisme leur apportera des devises.et ils n'auront plus de dette et nous comme d'habitude on l'aura dans l'os de 50 milliards environ .

  • lsleleu le lundi 22 juin 2015 à 16:48

    Pour avoir des sous la Grèce a accepté des règles il n'y a plus qu'à les respecter !

  • puck le lundi 22 juin 2015 à 14:21

    ils se comportent comme si c'est eux qui fixaient les règles, heureusement que les allemands sont là pour les ramener à la réalité

  • M1822368 le lundi 22 juin 2015 à 13:09

    Holocauste social : Mais ce n'est rien à côté de ce que vivront les grecs en cas de faillite. C'est la différence entre baisser de 10, 20 ou 30% les retraites et salaires et une baisse de 100% de ces mêmes retraites et salaires. Les Grecs se sont offert un train de vie que leur simple économie ne leur permettait pas. Triste retour à la réalité.

  • ref1929 le lundi 22 juin 2015 à 12:42

    PSA au Maroc : y a pas de main d'oeuvre à bas cout en grece ? c'est sur vaut mieux donner du taf en afrique, prendre en charge les migrants et subventionner la grece a qui il manque un tissu industriel avec nos impots...

  • fouche15 le lundi 22 juin 2015 à 08:11

    OUI M85 tout à fait exact, mais nous vivons les résultats de l'Etat-providence, de l'égalitarisme, des droits opposables etc

  • M8252219 le lundi 22 juin 2015 à 07:57

    "holocauste social " "QU'EST SE QU'IL NE FAUT ENTENDRE COMME BÊTISE ET MANIPULATION LINGUISTIQUE" La dignité c'est en premier lieu d'assumer ses responsabilités et de vivre de ce que l'on gagne, de ne pas faire supporter aux autres ses propres carences, dérives et irresponsabilité. La démocratie c'est aussi de respecter ses voisins et amis!

  • fquiroga le lundi 22 juin 2015 à 07:53

    Pas de blème, il va botter en touche en faisant un reférendum........pour faire dire aux urnes que les méchants sont les autres qui ne lui donnent pas les millards sans contrepartie.

  • ZvR le lundi 22 juin 2015 à 01:54

    Quand aux allemands champions du faites ce que je dis mais pas ce que je fais, ce serait bien qu'ils se rappellent aussi qu'ils n'ont jamais remboursé leurs dettes bien grassouillettes.

  • ZvR le lundi 22 juin 2015 à 01:50

    L'argent est imprimé à partir de rien par les banquiers privés qui le prêtent ensuite contre des intérêts bien gras et se font rembourser par le contribuable le cas échéant en remerciement de leur dur labeur. Pendant ce temps les fonctionnaires européens continuent à partir à la retraite à ans avec des retraites bien grassouillettes pour les consoler de devoir laisser, leur place, avec tout les nouveaux pays dans l'UE, y'a beaucoup de copains à caser.

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