Nouvelle offensive des rebelles en Syrie, tension à Genève

le , mis à jour à 17:31
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 (Actualisé avec précisions sur les combats et sur les 
négociations, déclarations du HCN et de Damas) 
    par John Davison et Tom Miles 
    BEYROUTH/GENEVE, 18 avril (Reuters) - Des rebelles syriens 
ont lancé lundi une nouvelle offensive contre les troupes 
gouvernementales et certains d'entre eux ont accusé les Nations 
unies de parti pris dans les négociations en cours à Genève, 
menaçant un peu plus un processus diplomatique déjà très 
fragile.  
    Le coordinateur du Haut Comité des négociations (HCN) de 
l'opposition syrienne a estimé que les pourparlers menés à 
Genève ne pourraient pas se poursuivre si le gouvernement de 
Damas et ses alliés ne levaient pas le siège et ne cessaient pas 
leurs bombardements des zones civiles. 
    Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir de nouveau 
enfreint l'accord de "cessation des hostilités" officiellement 
en vigueur depuis le 27 février, qui ne s'applique ni à 
l'organisation Etat islamique (EI), ni au Front al Nosra, 
affilié à Al Qaïda.  
    Lundi, les forces rebelles ont lancé une offensive contre 
les troupes gouvernementales dans la province côtière de 
Lattaquié et ont repris certaines positions dans la province 
d'Hama, tuant quatre personnes, a rapporté l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme (OSDH). 
    De son côté, l'armée a lancé d'importantes frappes aériennes 
dans la province de Homs, dans le centre du pays.  
    Plusieurs groupes rebelles avaient annoncé en début de 
journée une nouvelle bataille contre les forces 
gouvernementales, en réponse selon eux à des violations de la 
trêve.  
    Une source militaire syrienne a confirmé que des combats 
nourris avaient lieu dans les régions de Lattaquié et Hama.  
    "Aujourd'hui, ils ont attaqué dans plusieurs zones de la 
région de Lattaquié, en violation de l'accord de cessation des 
hostilités, et aussi de la région d'Hama", a dit cette source. 
        
    LE HCN DEMANDE UN REPORT DES DISCUSSIONS À GENÈVE 
    Parallèlement, plusieurs personnalités de l'opposition qui 
ont requis l'anonymat ont déclaré que la pression continuait de 
monter en faveur d'un arrêt des discussions menées par 
l'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura à Genève, en l'absence 
de toute perspective d'un véritable débat sur la transition 
politique, l'une de ses priorités. 
    Sans aller jusqu'à la rupture, le Haut Comité des 
négociations (HCN), principal regroupement de l'opposition 
syrienne, a demandé à Staffan de Mistura de reporter les 
discussions de paix de Genève, a-t-on appris lundi de sources 
proches du HCN. 
    Seuls trois délégués du Haut Comité, au lieu d'une quinzaine 
habituellement, s'étaient auparavant présentés à une réunion 
avec l'émissaire de l'Onu, a constaté une journaliste de 
Reuters. 
    Plusieurs groupes rebelles ont reproché à Staffan de Mistura 
une attitude favorable au régime syrien. 
    Une lettre adressée aux négociateurs de l'opposition et 
signée par "les factions armées révolutionnaires" appelle le HCN 
"à prendre une position ferme et décisive à l'égard des 
demi-solutions qui sont colportées par les alliés du régime 
(syrien) et par De Mistura". 
    Dans une rencontre avec des membres du HCN, le médiateur 
avait évoqué vendredi l'idée d'un maintien de Bachar al Assad en 
échange de la possibilité pour l'opposition de nommer trois 
vice-présidents. 
    "Nous observons avec une grande inquiétude et avec un refus 
catégorique les initiatives de Mistura, dont certaines montrent 
une totale partialité en faveur des demandes du régime et de ses 
alliés", poursuit la lettre. 
     
    DAMAS ACCUSE ISRAËL 
    Selon un diplomate occidental, l'opposition syrienne est 
divisée "à 50/50" sur la question de rester ou de partir de la 
table des négociations. "Nous leur avons dit qu'ils ne devaient 
pas tomber dans le piège du gouvernement car s'ils s'en vont, 
ils seront tenus pour responsables et il sera difficile de 
revenir prochainement", a dit ce diplomate. 
    Pour l'opposition, Bachar al Assad doit quitter le pouvoir 
et ne peut pas faire partie du processus de transition. Le 
dirigeant syrien exclut l'idée d'un gouvernement de transition 
et propose d'élargir son gouvernement à certains membres de 
l'opposition et certaines personnalités indépendantes. 
    Le chef de la délégation gouvernementale syrienne à Genève, 
Bachar Jaafari, a pour sa part accusé Israël de coopérer avec 
l'Etat islamique et Al Qaïda sur le plateau du Golan. 
    Commentant la tenue d'un conseil des ministres israélien 
dans le Golan, une première depuis la prise du plateau à la 
Syrie par l'Etat hébreu en 1967, il a déclaré: "Cette 
provocation israélienne (...) confirme sans aucun doute la 
coopération entre Israël et les terroristes de Daech et du Front 
al Nosra sur la ligne de démarcation entre là où se trouve le 
Golan et là où sont positionnées les troupes de la FNUOD." 
    La FNUOD est la force de l'Onu chargée depuis 1974 de 
contrôler le cessez-le-feu sur le plateau du Golan. 
 
 (John Davison avec Tom Miles et John Irish à Genève; Pierre 
Sérisier et Marc Angrand pour le service français) 
 
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