Nouvelle nuit de négociations sur le nucléaire iranien à Lausanne

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NOUVELLE NUIT DE DISCUSSIONS SUR LE PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN À LAUSANNE
NOUVELLE NUIT DE DISCUSSIONS SUR LE PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN À LAUSANNE

par Louis Charbonneau et John Irish et Parisa Hafezi

LAUSANNE, Suisse, 1er avril (Reuters) - Une nouvelle nuit de négociations a débuté mercredi soir à Lausanne où les délégués de l'Iran et des pays du P5+1 peinent à définir les termes d'un accord politique sur le programme nucléaire de la République islamique.

L'Iran et les grandes puissances se reprochent mutuellement d'entraver la mise au point d'un texte, et le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a admis en début de soirée qu'un échec restait "naturellement" possible.

Néanmoins, alors que l'échéance qu'ils s'étaient fixée a été atteinte mardi à minuit, les négociateurs de l'Iran et du P5+1 (Russie, France, Royaume-Uni, Chine, Etats-Unis + Allemagne) ont poursuivi leurs discussions mercredi à l'hôtel Beau Rivage.

"Quiconque négocie doit accepter le risque d'un échec. Mais je dis qu'à la lumière de la convergence que nous avons obtenue ici, en Suisse, à Lausanne, il serait irresponsable d'ignorer la possibilité de parvenir à un accord", a déclaré Steinmeier à la presse.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, comme le secrétaire d'Etat américain John Kerry, ont décidé qu'ils passeraient une nuit de plus à Lausanne.

"Nous continuons d'enregistrer des progrès mais nous ne sommes pas parvenus à un accord politique", a expliqué mercredi soir Marie Harf, la porte-parole du département américain d'Etat. "Par conséquent, le secrétaire Kerry restera à Lausanne au moins jusqu'à jeudi matin pour poursuivre les négociations."

Moins d'une demi-heure plus tard, un responsable français annonçait que Laurent Fabius, qui avait regagné Paris mercredi aux premières heures, était en chemin pour revenir à Lausanne.

"Il revient pour continuer les négociations", a déclaré ce responsable, ajoutant qu'il ne fallait pas nécessairement interpréter son retour comme le signe de l'imminence d'un accord.

A la sortie du conseil des ministres, en fin de matinée, le ministre français, qui réclame avec insistance un accord "robuste" garantissant que l'Iran ne deviendra pas une puissance nucléaire, expliquait que les choses avançaient "mais pas encore suffisamment pour qu'on puisse immédiatement conclure".

"LE MOMENT EST VENU POUR L'IRAN DE PRENDRE DES DÉCISIONS"

A la reprise des négociations, mercredi matin, plusieurs participants -Russie, Chine, Iran- faisaient preuve d'un certain optimisme. Dans la soirée, les déclarations incitaient nettement à la prudence.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré à la presse que c'était aux grandes puissances, et non à l'Iran, de bouger. "Le progrès et le succès des discussions dépendent de la volonté politique de l'autre partie (...) et c'est un point sur lequel ils ont toujours eu un problème", a-t-il dit aux journalistes.

Dans le même temps, ou presque, la Maison blanche appelait Téhéran à agir. "Le moment est venu pour l'Iran de prendre des décisions", a déclaré le porte-parole de la présidence, Josh Earnest, réaffirmant que Washington était prêt à prendre ses responsabilités et à se retirer si nécessaire des négociations avant le 30 juin.

A cette date, l'Iran et le P5+1 devront avoir bouclé un accord définitif sur le programme nucléaire qui envenime les relations entre Téhéran et les Occidentaux depuis 2002 et ont conduit les Nations unies, les Etats-Unis et l'Union européenne à imposer depuis 2006 des sanctions qui étouffent l'économie iranienne.

A Lausanne, des délégués mettaient en garde mercredi sur le fait qu'un éventuel accord serait probablement fragile et incomplet.

Des diplomates occidentaux rapportaient que lors des séances de discussions de la veille, les Iraniens avaient réaffirmé leurs "droits au nucléaire", suggérant un nouvel enlisement du processus.

Le négociateur iranien Abbas Araqchi a pourtant déclaré en fin de matinée que Téhéran espérait "conclure les négociations d'ici mercredi soir".

"Une déclaration interviendra à l'issue des discussions(...). Nous insistons pour qu'il y ait levée immédiate des sanctions financières, pétrolières et bancaires (...). Pour ce qui est des autres sanctions, il nous reste à trouver un cadre", a-t-il ajouté.

Les pourparlers bloquent ces derniers jours sur plusieurs points: la possibilité pour l'Iran d'enrichir librement de l'uranium dans le cadre d'activités de Recherche & développement et le rythme de levée des sanctions ainsi que la question de leur rétablissement en cas de non-respect par Téhéran de ses engagements.

(Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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