Nouvelle manifestation anti-Compaoré au Burkina Faso

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OUAGADOUGOU, 29 octobre (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes ont à nouveau défilé mercredi à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pour dénoncer le projet du président Blaise Compaoré de modifier la Constitution afin de briguer un nouveau mandat. La manifestation, organisée à l'appel des syndicats, visait principalement la tentative de Compaoré pour se maintenir au pouvoir mais des slogans ont également dénoncé la hausse du coût de la vie et la privatisation des écoles. Arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en 1987, Compaoré a remporté quatre élections présidentielles consécutives et aurait dû laisser son poste à l'expiration de son mandat en novembre 2015. Mais le chef de l'Etat a exprimé son intention de modifier la Loi fondamentale de son pays afin d'être en mesure de briguer un nouveau mandat. Le département d'Etat américain s'est dit "inquiet de l'esprit et de l'intention derrière" cette proposition d'amendement constitutionnel. La France a appelé de son côté le chef de l'Etat burkinabé à se conformer à la charte de l'Union africaine sur la démocratie et la bonne gouvernance qui "spécifie bien que les révisions constitutionnelles dont l'objectif est d'empêcher l'alternance sont proscrites". L'Assemblée nationale burkinabée doit débattre de cette question jeudi. Le gouvernement a demandé aux parlementaires d'approuver l'organisation d'un référendum sur cette modification mais certains opposants craignent qu'il décide de faire adopter le texte en réunissant une majorité des trois quarts comme l'exige la loi. Des affrontements se sont produits mardi entre plusieurs centaines de manifestants et les forces de l'ordre lors d'un premier rassemblement à Ouagadougou. Les protestataires avaient tenté de marcher sur l'Assemblée nationale mais en avaient été empêchés par les forces de l'ordre. "Tout projet dont le but est d'autoriser Blaise Compaoré à présider à vie constitue une grave menace contre la paix et les libertés démocratiques de notre pays. Le mandat de Compaoré arrive à échéance en novembre 2015 et il devra partir", a déclaré Chrysogone Zougmore, porte-parole du mouvement à l'origine des manifestations. (Joe Penney et Mathieu Bonkoungou; Pierre Sérisier pour le service français)

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