Nouvelle jeunesse  pour des églises

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De plus en plus d'édifices religieux sont mis en vente par les diocèses et les collectivités.

De l'atypique, voire de l'historique. Certains acheteurs sont prêts à sortir des sentiers battus pour trouver un bien immobilier original. Et pourquoi pas une église ? Confrontés aux coûts d'entretien et de restauration, à la baisse de fréquentation des lieux de culte ou à l'isolement géographique de certains édifices, diocèses et collectivités n'ont parfois pas d'autre choix que de les mettre en vente pour leur éviter l'abandon ou la destruction.

Ce marché des bâtiments religieux n'est cependant pas tout à fait comme les autres. À l'exception des biens immobiliers religieux appartenant à des particuliers, leur propriété est régie par la loi sur la séparation de l'Église et de l'État du 9 décembre 1905. Les édifices religieux bâtis après cette date sont détenus par les diocèses, qui sont libres de les vendre. Les églises et autres presbytères antérieurs à 1905 appartiennent en revanche à l'État, et leur entretien est à la charge des collectivités. Ces bâtiments-là ne peuvent être cédés qu'à titre dérogatoire : le diocèse et l'État peuvent conclure des accords, au cas par cas, lorsque aucun d'eux n'est en mesure de restaurer un bien en particulier.

Des transformations inattendues 

Les acheteurs sont à la fois des sociétés ou des particuliers. Les premières optent pour la plupart pour une reconversion classique en hôtels ou chambres d'hôtes. D'autres ont des projets plus controversés. L'église Saint-François-d'Assise, à Vandœu-vre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle, a été vendue au printemps dernier pour le prix de 1,35 million d'euros à un promoteur dont l'identité demeure inconnue. Malgré les réticences de plusieurs fidèles, l'église, qui peinait à rassembler 80 paroissiens pour près de 1000 places disponibles, n'avait plus le budget nécessaire à son entretien. Elle deviendra très prochainement, après 500 000 euros de travaux pour sa remise aux normes… un centre commercial.

Les particuliers, eux, pensent logement ou résidence secondaire. Ils convoitent donc en priorité les abbayes et prieurés, car ils ont déjà vocation à l'habitat ; ils sont aussi plus accessibles financièrement. En France, ces édifices religieux peuvent se vendre à partir de 150.000 euros et jusqu'aux alentours de 3 millions. Si cette pratique demeure réduite sur le territoire français, elle est néanmoins courante à l'étranger. Le Canada a vu certaines de ses églises reconverties en musées, bibliothèques ou encore théâtres. Une salle de spectacle a même émergé dans l'église de Notre-Dame-de-Protection dans la ville québécoise de Rouyn-Noranda. Aux États-Unis et en Europe, quelques églises ont été réaménagées en immeubles ou même en loft de luxe de plusieurs centaines de mètres carrés, qui cherchent preneurs pour pas moins de 7 millions de dollars. Une somme dont l'Église aurait bien du mal à s'acquitter.

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