Nouvelle frappe israélienne sur la Syrie,

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ISRAËL AURAIT DE NOUVEAU BOMBARDÉ LA SYRIE
ISRAËL AURAIT DE NOUVEAU BOMBARDÉ LA SYRIE

par Dominic Evans et Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Israël a bombardé la Syrie pour la deuxième fois en l'espace de quelques jours, menant à l'aube une série de frappes aériennes sur Damas pour empêcher la livraison au Hezbollah, le puissant mouvement chiite libanais, de missiles fournis par l'Iran.

Une source appartenant au monde du renseignement occidental est à l'origine de l'information, Israël refusant pour sa part de confirmer.

L'Iran, qui souhaite la destruction de l'Etat d'Israël, a condamné l'opération et s'est dit prête à entraîner l'armée syrienne. L'Iran chiite est un des rares alliés du président syrien Bachar Al Assad, membre de la minorité alaouite, une branche issue du chiisme.

Les médias syriens ont identifié le site bombardé par Israël comme étant le centre de recherches militaires de Jamraya, situé au nord de la capitale, Damas, celui-là même que les avions de Tsahal avaient frappé une première fois le 30 janvier. Jamraya, n'est qu'à 15 km de la frontière libanaise.

Vendredi, Israël avait bombardé un entrepôt de l'aéroport de Damas censé abriter des missiles sol-sol Fateh-110 fabriqués en Iran, a indiqué le New York Times.

Dimanche, des riverains du centre de Jamraya ont parlé d'explosions pendant plusieurs heures dans divers endroits près de Damas. "Il faisait jour en pleine nuit", a témoigné un homme.

Selon la source appartenant au monde du renseignement, l'opération de l'Etat hébreu menée à l'aube visait, comme lors des deux précédentes frappes cette année, des missiles fournis par l'Iran et destinés au Hezbollah libanais.

"Dans l'attaque de la nuit dernière, comme dans la précédente, ce qui a été attaqué ce sont des réserves de missiles Fateh-110 qui étaient en transit de l'Iran vers le Hezbollah", a-t-on expliqué.

SÉRIE D'EXPLOSIONS

Une vidéo mise en ligne montre une série d'explosions. L'une illumine le ciel de Damas, l'autre déclenche une colonne de feu et d'explosions secondaires.

Les médias d'Etat syriens ont accusé Israël d'avoir attaqué en réponse aux récents succès des forces fidèles au président syrien Bachar al Assad contre les rebelles, majoritairement sunnites, qui cherchent à le renverser depuis deux ans.

Le nouveau raid israélien intervient alors que les Etats-unis s'interrogent sur l'utilisation d'armes chimiques par le pouvoir syrien et sur un soutien plus affirmé aux rebelles. Les Occidentaux ne voient toutefois pas d'un bon oeil la présence de combattants islamistes anti-occidentaux parmi les rebelles.

Lors d'une apparition en public dimanche, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, n'a pas fait allusion aux derniers raids mais a évoqué avec insistance sa responsabilité quant à la protection de l'avenir d'Israël.

Benjamin Netanyahu a maintenu son projet de déplacement en Chine - il doit s'envoler pour Pékin dans la journée -, ce qui semble montrer qu'il ne s'attend pas à d'importantes représailles de la part du président Assad et du Hezbollah.

De source militaire israélienne, on indique toutefois que l'armée a déployé ces derniers jours des systèmes de défense antimissile supplémentaires près de la frontière nord.

Le commandant de l'infanterie iranienne, Ahmad Reza Pourdastan, a apporté un soutien appuyé à la Syrie.

"La Syrie a une armée puissante. Avec sa structure et son l'expérience contre le régime sioniste (Israël), elle peut tout à fait se défendre. Il n'y a pas besoin de l'intervention d'autres pays. Mais, si elle a besoin d'entraînement, nous pouvons l'aider," a déclaré Pourdastan selon l'agence Fars.

"MEILLEUR QUE LE SCUD"

Dimanche, dans le centre de Damas, les gens ont cru d'abord à un tremblement de terre.

"Le ciel a rougeoyé toute la nuit. On n'a pas pu dormir une seconde. Les explosions ont commencé après minuit et ont continué pendant toute la nuit", a déclaré un homme à Reuters qui habite à Hameh, à moins de deux km de Jamraya.

"Il y a eu des explosions de tous les côtés de ma maison", a-t-il ajouté. Les gens se sont cachés dans les sous-sols pendant l'alerte, a-t-il raconté.

Un autre témoin a parlé d'un incendie près de Koura al Assad, localité située à cinq km à l'ouest de Jamraya où vivent de nombreux dignitaires du régime.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition, précise que les frappes ont visé Jamraya mais aussi un dépôt de munitions voisins.

D'autres militants de l'opposition indiquent qu'une brigade de missiles et deux bataillons de la Garde républicaine auraient pu également avoir été visés par ces frappes contre un secteur fortement militarisé au nord de Damas.

Pour Uzi Rubin, spécialiste des missiles et ancien responsable israélien de la défense, le missile Fateh-110 est "meilleur que le Scud, et possède une ogive d'une demi-tonne". L'Iran a dit l'avoir adapté pour détruire des navires en l'équipant d'un système de guidage, ajoute-t-il.

L'Etat hébreu, qui a mené en 2006 une guerre éclair contre le Hezbollah, considère toujours le mouvement chiite comme une menace pour sa sécurité. Israël redoute également, en cas de renversement de Bachar al Assad, que les combattants islamistes ne retournent leurs armes contre lui, en particulier sur le plateau du Golan syrien, pris par Israël en 1967.

Dimanche matin, début de la semaine, le centre de Damas était pratiquement vide. Seuls quelques magasins étaient ouverts. Des hommes supplémentaires semblaient avoir été placés aux points de passage qui protègent les zones contrôlées par le gouvernement des attaques de rebelles.

Avec Dan Williams à Jérusalem et Mariam Karouny à Beyrouth; Henri-Pierre André, Hélène Duvigneau et Danielle Rouquié pour le service français

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