Nouvelle flambée antijaponaise attendue en Chine

le
0
LES MANIFESTATIONS ANTIJAPONAISES DEVRAIENT SE POURSUIVRE MARDI EN CHINE
LES MANIFESTATIONS ANTIJAPONAISES DEVRAIENT SE POURSUIVRE MARDI EN CHINE

par Ben Blanchard et Antoni Slodkowski

PEKIN/TOKYO (Reuters) - L'ambassade du Japon à Pékin et des centaines d'entreprises nippones ont suspendu leurs activités mardi en Chine dans la crainte de nouvelles violences liées au contentieux sur les îles Senkaku-Diaoyu.

Deux ressortissants japonais ont débarqué sur l'un des îlots, a rapporté la garde-côtes japonaise, alors que la zone est sillonnée par des navires des deux pays.

Selon la chaîne de télévision NHK, les deux Japonais sont arrivés à bord d'un canot pneumatique, ont nagé jusqu'à la rive avant de repartir dans leur bateau.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié cette action de grave provocation, se réservant le droit d'une réponse ultérieure.

"Le débarquement illégal d'extrémistes de droite japonais sur le territoire chinois des îles Diaoyu est une grave provocation violant la souveraineté territoriale chinoise", a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère.

"Nous exhortons le Japon à prendre des mesures efficaces pour faire cesser toutes les actions qui exacerbent ce conflit. Dans le même temps, la Chine se réserve le droit de prendre de nouvelles mesures", a-t-il ajouté.

Après trois jours d'incidents provoqués par l'annonce par Tokyo de la 'nationalisation' de cet archipel de mer de Chine orientale revendiqué par les deux pays, de nouvelles manifestations sont attendues en ce jour anniversaire de l'invasion par le Japon de la Mandchourie en 1931.

Effectuant une visite de trois jours en Chine, le secrétaire américain à la Défense a renouvelé son appel à la retenue entre les deux géants économiques de l'Asie.

"Compte tenu des tensions actuelles, nous appelons toutes les parties au calme et à la retenue et nous les encourageons à maintenir ouverts les canaux de communication afin de résoudre ce contentieux d'une manière diplomatique et pacifique", a dit Leon Panetta devant la presse à Pékin.

Pour le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste, "le comportement du Japon sur la question des îles Diaoyu (Senkaku pour les Japonais, NDLR) est une négation impudente des fruits de la victoire dans la guerre mondiale contre le fascisme" et montre que Tokyo "ne s'est pas sincèrement repenti de son passé de guerre, d'invasion et de règne colonial".

Tokyo a annoncé il y a une semaine le rachat à leur propriétaire privé de ces îlots situés à 200 km au nord de Taïwan, dans des eaux riches en poissons et ressources gazières, provoquant la colère de la Chine.

TENSION EN MER

Des centaines de manifestants se sont rassemblés de nouveau mardi matin devant l'ambassade du Japon à Pékin, jetant des bouteilles d'eau sur la façade. A Changsha, dans le centre du pays, les grandes places et les centres commerciaux ont été bouclés par la police.

La tension est également palpable en mer, où le Japon a renforcé ses défenses autour des îles disputées, alors que la presse des deux pays annonce qu'une flottille d'un millier de bateaux de pêche chinois se dirige vers les îlots, augmentant le risque qu'un accident n'aggrave la situation.

Selon le Japon, un navire de patrouille chinois a lancé un message radio affirmant l'appartenance à la Chine de ces îlots et demandant à la garde-côtes japonaise de quitter les lieux.

En 2010, une collision entre un chalutier chinois et un navire de la garde-côtes japonaise avait provoqué une grave crise entre les deux puissances asiatiques.

Le gouvernement japonais a mis en place une structure chargée de surveiller les mouvements des chalutiers chinois.

Beaucoup de sociétés nippones ont été visées lundi par des manifestants et nombre d'entre elles ont interrompu leur production en attendant que la fièvre retombe.

C'est notamment le cas de constructeurs automobiles Toyota, Honda, Mazda ou encore Mitsubishi Motors.

Toyota et Honda ont déclaré que leurs magasins dans le port de Qingdao, sur la côte est, avaient été la cible d'incendies volontaires au cours du week-end.

Le groupe d'électronique Panasonic a fermé mardi trois usines en Chine dont deux ont été attaquées par la foule et la troisième, à Zhuhai dans le sud-est, a été sabotée.

De son côté, Sony a annoncé avoir fermé deux de ses sept usines en Chine pour la journée par mesure de sécurité pour son personnel. L'entreprise envisage de rouvrir les portes des deux unités de production, mercredi.

Malgré leurs contentieux historiques et territoriaux, la Chine est le premier partenaire commercial du Japon. En 2011, leur commerce bilatéral a augmenté en valeur de 14,3% pour atteindre 345 milliards de dollars (263 milliards d'euros), un record.

Antoni Slodkowski, Kiyoshi Takenaka, Max Duncan; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant