Nouvelle donne pour le pétrole avec le retour de l'Iran

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LE RETOUR DE L'IRAN SUR LE MARCHÉ DU PÉTROLE DEVRAIT MODIFIER LA DONNE
LE RETOUR DE L'IRAN SUR LE MARCHÉ DU PÉTROLE DEVRAIT MODIFIER LA DONNE

NEW YORK/SINGAPOUR/LONDRES (Reuters) - Le retour du pétrole iranien sur le marché mondial devrait en toute logique faire encore descendre les cours sous la barre des 30 dollars le baril lundi, mais la nouvelle a été tellement anticipée que la réaction pourrait être somme toute limitée, disent des intervenants du marché.

Les sanctions internationales avaient réduit les exportations iraniennes de brut à un filet d'environ un million de barils par jour (bpj), soit deux millions de moins que leurs pics de 2011 avant la crise nucléaire.

Les signaux donnant à penser que les sanctions seraient levées plus tôt que prévu ont contribué à la chute des cours depuis le début de l'année. Le Brent de mer du Nord a perdu 24% depuis le 1er janvier, sa plus forte baisse depuis la crise financière de 2008.

L'Iran entend augmenter ses exportations d'environ un million de bpj dans l'année qui vient et la plupart des analystes prévoient une hausse de 200.000 à 500.000 bpj dès les six premiers mois suivant la levée des sanctions.

"L'Iran est maintenant libre de vendre autant de pétrole qu'il veut à qui il veut et au prix qu'il pourra obtenir", dit Richard Nephew, professeur à l'Université de Columbia et spécialiste des politiques énergétiques mondiales.

Pour autant, la plupart des analystes n'attendent pas de réaction démesurée à la réouverture des marchés dimanche à 23h00 GMT, d'autant que la journée de lundi sera fériée aux Etats-Unis avec le Martin Luther King Day.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a chuté de près de 6% vendredi à 29,42 dollars, sa première clôture sous les 30 dollars depuis 2003.

"La levée des sanctions contre l'Iran était attendue depuis longtemps et, pour moi, elle est intégrée dans les cours. Il y aura peut-être une petite réaction épidermique à l'ouverture du marché mais je doute qu'il y ait un effet plus durable", déclare Amrita Sen, du cabinet de conseil Energy Aspects.

Certains traders anticipent même un rebond, le marché "achetant le fait" après avoir vendu la nouvelle, surtout si les opérateurs baissiers décident de prendre leur profit. Les positions courtes de gros fonds ont plus que doublé sur les futures à New York avec 200.000 contrats depuis la mi-octobre, quand le baril de brut valait près de 50 dollars.

"On pourrait rebondir de deux, trois ou quatre dollars pour revenir vers les 35 dollars", disait vendredi Phillip Streible, stratégiste chez RJO Futures à Chicago, alors qu'allaient bon train les spéculations sur une annonce pendant le week-end.

Il reste que les causes profondes de la déprime des cours restent plus présentes que jamais. L'économiste spécialiste du pétrole Philip K. Verleger en énumère cinq : le ralentissement de la croissance mondiale ; la résistance de l'industrie américaine du schiste ; les capacités de stockage disponibles en dernier recours ; la surabondance de l'offre mondiale de pétrole avec un excédent estimé à un million de bpj et, enfin, le temps doux de cet hiver qui a limité l'utilisation de chauffage.

"Toutes ces pressions baissières seront encore là lundi", dit-il. "Sur le marché réel, les prix resteront orientés à la baisse quoi qu'il arrive sur le marché des futures à New York."

(Jonathan Leff à New York, Henning Gloystein à Singapour et Dmitry Zhdannikov à Londres, Véronique Tison pour le service français)

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