Nouvelle donne pour le pétrole avec le retour de l'Iran

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    * L'Iran peut de nouveau vendre librement son pétrole 
    * Ses exportations viendront encore gonfler l'offre de brut 
    * Mais cet afflux est déjà pris en compte dans les cours, 
selon les analystes 
 
    NEW YORK/SINGAPOUR/LONDRES, 17 janvier (Reuters) - Le retour 
du pétrole iranien sur le marché mondial devrait en toute 
logique faire encore descendre les cours sous la barre des 30 
dollars le baril lundi, mais la nouvelle a été tellement 
anticipée que la réaction pourrait être somme toute limitée, 
disent des intervenants du marché. 
    Les sanctions internationales avaient réduit les 
exportations iraniennes de brut à un filet d'environ un million 
de barils par jour (bpj), soit deux millions de moins que leurs 
pics de 2011 avant la crise nucléaire. 
    Les signaux donnant à penser que les sanctions seraient 
levées plus tôt que prévu ont contribué à la chute des cours 
depuis le début de l'année. Le Brent de mer du Nord  LCOc1  a 
perdu 24% depuis le 1er janvier, sa plus forte baisse depuis la 
crise financière de 2008. 
    L'Iran entend augmenter ses exportations d'environ un 
million de bpj dans l'année qui vient et la plupart des 
analystes prévoient une hausse de 200.000 à 500.000 bpj dès les 
six premiers mois suivant la levée des sanctions. 
    "L'Iran est maintenant libre de vendre autant de pétrole 
qu'il veut à qui il veut et au prix qu'il pourra obtenir", dit 
Richard Nephew, professeur à l'Université de Columbia et 
spécialiste des politiques énergétiques mondiales. 
    Pour autant, la plupart des analystes n'attendent pas de 
réaction démesurée à la réouverture des marchés dimanche à 23h00 
GMT, d'autant que la journée de lundi sera fériée aux Etats-Unis 
avec le Martin Luther King Day. 
    Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 
 CLc1  a chuté de près de 6% vendredi à 29,42 dollars, sa 
première clôture sous les 30 dollars depuis 2003. 
    "La levée des sanctions contre l'Iran était attendue depuis 
longtemps et, pour moi, elle est intégrée dans les cours. Il y 
aura peut-être une petite réaction épidermique à l'ouverture du 
marché mais je doute qu'il y ait un effet plus durable", déclare 
Amrita Sen, du cabinet de conseil Energy Aspects. 
    Certains traders anticipent même un rebond, le marché 
"achetant le fait" après avoir vendu la nouvelle, surtout si les 
opérateurs baissiers décident de prendre leur profit. Les 
positions courtes de gros fonds ont plus que doublé sur les 
futures à New York avec 200.000 contrats depuis la mi-octobre, 
quand le baril de brut valait près de 50 dollars. 
    "On pourrait rebondir de deux, trois ou quatre dollars pour 
revenir vers les 35 dollars", disait vendredi Phillip Streible, 
stratégiste chez RJO Futures à Chicago, alors qu'allaient bon 
train les spéculations sur une annonce pendant le week-end. 
    Il reste que les causes profondes de la déprime des cours 
restent plus présentes que jamais. L'économiste spécialiste du 
pétrole Philip K. Verleger en énumère cinq : le ralentissement 
de la croissance mondiale ; la résistance de l'industrie 
américaine du schiste ; les capacités de stockage disponibles en 
dernier recours ; la surabondance de l'offre mondiale de pétrole 
avec un excédent estimé à un million de bpj et, enfin, le temps 
doux de cet hiver qui a limité l'utilisation de chauffage. 
    "Toutes ces pressions baissières seront encore là lundi", 
dit-il. "Sur le marché réel, les prix resteront orientés à la 
baisse quoi qu'il arrive sur le marché des futures à New York." 
 
 (Jonathan Leff à New York, Henning Gloystein à Singapour et 
Dmitry Zhdannikov à Londres, Véronique Tison pour le service 
français) 
 

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