Nouvelle contraction dans l'industrie de la zone euro en avril

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L'INDICE PMI MANUFACTURIER DANS LA ZONE EURO
L'INDICE PMI MANUFACTURIER DANS LA ZONE EURO

par Jonathan Cable

LONDRES (Reuters) - Le ralentissement du secteur manufacturier dans la zone euro s'est encore accentué en avril, montrent les enquêtes PMI de Markit, ce qui augmente la pression en faveur d'une baisse des taux de la Banque centrale européenne à sa réunion de jeudi.

Plus inquiétant encore pour les dirigeants européens, l'activité en Allemagne, première économie européenne et deuxième exportateur mondial après la Chine, s'est contractée pour le deuxième mois consécutif et plus fortement qu'en mars.

La France, l'Italie et l'Espagne, qui arrivent en deuxième, troisième et quatrième positions derrière l'Allemagne, ont aussi accusé une nouvelle contraction de leur activité industrielle.

De plus, aucun élément de l'enquête de Markit publiée jeudi ne présage d'une amélioration à court terme.

Son indice composite des directeurs d'achat (PMI) en zone euro a reculé en avril à 46,7, un plus bas de quatre mois, contre 46,8 en mars, même si le chiffre définitif a dépassé la première estimation publiée le 22 avril, qui le donnait à 46,5.

Le sous-indice de la production en zone euro, qui entre dans la composition de l'indice PMI composite attendu lundi et donne une vision plus large de l'économie, est revenu en avril à 46,5 contre 46,7, et celui des nouvelles commandes d'usines, à 45,4, ne dépasse que très légèrement son niveau du mois de mars (45,3).

"Il n'y a là rien qui permette de penser que le secteur manufacturier va prendre un tournant et se stabiliser à brève échéance, ce qui accroît la pression sur les responsables politiques afin qu'ils agissent rapidement pour revigorer la croissance", dit Chris Williamson, chef économiste de Markit.

5E TRIMESTRE DE CONTRACTION

En France, l'indice reste loin du seuil de 50 qui sépare croissance et contraction de l'activité, même s'il est légèrement remonté, à 44,4 contre 44,0 en mars.

Les investisseurs ont déjà largement anticipé une baisse du principal taux directeur de la BCE face à la dégradation de la conjoncture en zone euro de mois en mois.

L'économie de la région a subi son cinquième trimestre de contraction d'affilée fin 2012 et le produit intérieur brut (PIB) devrait encore baisser au premier trimestre 2013.

Les économistes tablent sur une croissance très faible pour le trimestre en cours, mais ces prévisions pourraient encore s'avérer trop optimistes.

L'indice des nouvelles commandes, qui fut le principal moteur de la reprise après la crise financière de 20017-2009, recule depuis près de deux ans, malgré la baisse régulière des prix depuis le début de l'année 2010.

Eurostat a annoncé mardi que l'inflation en zone euro était tombée à son plus bas niveau depuis trois ans, à un rythme annuel de 1,2%, nettement en déça de l'objectif de 2% fixé par la BCE, ce qui laisse une marge de manoeuvre à la BCE, tandis que le chômage atteint un record de 12,1%.

L'enquête fait ressortir une baisse des effectifs dans le secteur pour le 15e mois d'affilée en avril, bien qu'à un rythme moins soutenu qu'au mois de mars.

Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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