Nouvelle chute des marchés, inquiétudes sur l'économie américaine

le , mis à jour à 16:34
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Les marchés européens poursuivent leur plongeon de début d'année vendredi 15 janvier. De mauvais chiffres américains ont mis de l'huile sur le feu.
Les marchés européens poursuivent leur plongeon de début d'année vendredi 15 janvier. De mauvais chiffres américains ont mis de l'huile sur le feu.

Les marchés européens repartent une fois de plus en très nette baisse vendredi, accentuant ce mouvement après 14h30 alors que plusieurs indicateurs aux Etats-Unis ont largement déçu les opérateurs.

Rien ne va plus. La poursuite du mouvement de chute du pétrole sous les 30 dollars avait déjà poussé les marchés dans le rouge en matinée. La publication de mauvais indicateurs économiques américains a accentué la défiance des investisseurs en début d’après-midi, dans un marché toujours extrêmement nerveux depuis le début de l'année vis-à-vis de la conjoncture économique mondiale.

À 14h30, les ventes au détail de décembre sont ressorties en contraction de 0,1% aux Etats-Unis, alors qu’elles étaient attendues en légère hausse. Les ventes au détail hors automobile et essence sont pour leur part restées stables, alors qu’elles étaient attendues en hausse de 0,4%.

Surtout, l’indice « Empire State », mesurant la dynamique de l’activité industrielle dans la région de New York, est ressorti très inférieur aux attentes, à -19 points contre une attente de seulement -4 points. Le chiffre traduit l’intensification du ralentissement industriel dans le Nord-Est des Etats-Unis. L’indice « Empire State » n'était pas tombé à un niveau aussi bas depuis mars 2009.

La dégradation de cet indicateur économique inquiète d’autant plus qu’il est généralement considéré comme un indicateur avancé de la tendance à venir pour l’ensemble du pays.

Ces éléments ont participé à mettre le feu aux poudres sur les marchés européens, toujours très nerveux depuis le début de l’année.

À 15h15, ces inquiétudes ont été confirmées par le chiffre d'une production industrielle américaine en baisse de 0,4% au mois de décembre par rapport au mois de décembre, contre l'attente d'une production industrielle en baisse de 0,2%.

Enfin, à 15h55, les indicateurs économiques publiés par l'université du Michigan sont ressortis en ordre dispersé. L'indice de confiance des consommateurs, le plus regardé, s'est amélioré à 93,3 points contre 92,6 points lors de la précédente publication. En revanche, l'indicateur de la "situation économique actuelle" est tombé à 105,1 points contre 108,1 points en décembre.

Les indices européens ont accentué leur décrochage à 14h30 et dans les minutes suivantes. À 16h15, le CAC40 chutait de 2,77% à 4.196 points, alors que le mouvement de « panic selling » de la veille reprenait de plus belle.

Les opérateurs ne semblent plus se poser de questions et préfèrent se désinvestir massivement alors que le paysage macroéconomique n’inspire plus confiance depuis le début de l’année.

Le mouvement est d'autant plus accentué que les sociétés de gestion semblent émettre de plus en plus de doutes sur la conjoncture mondiale dans leurs notes de conjoncture, incitant les clients qui suivent ces notes à réduire leur exposition aux marchés actions face aux actuelles turbulences, entretenant le mouvement de ventes.

À titre d'exemple, Natixis Asset Management publiait vendredi matin dans une note mensuelle : « En dépit d'un fort chiffre sur l'emploi en décembre, les perspectives américaines sont toujours limitées. L'emploi reste un indicateur retardé de la conjoncture. Les enquêtes menées auprès des chefs d'entreprise donnent un signal plus fragile de l'environnement. L'indice ISM du secteur manufacturier est passé sous le seuil de 50 depuis 2 mois et celui du secteur des services est moins robuste qu'au printemps. Le point haut de la conjoncture est passé et cela signifie qu'il n'y aura pas d'accélération forte de l'expansion au cours des prochains mois ».

La même source ajoute dans la même note : « Notre volonté d’aborder l’année 2016 sur une position prudente s’est traduite, au niveau de notre allocation géographique, par un retour à la neutralité sur les actions Zone Euro et Japon. Nous avons également poursuivi nos ventes sur le marché américain, désormais sous-pondéré. Et nous avons maintenu notre position fortement sous-investie sur les actions asiatiques ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M940878 le vendredi 15 jan 2016 à 17:12

    mais en France le MOU parle de croissance , on est les meilleurs au monde !

  • GR207 le vendredi 15 jan 2016 à 16:23

    O. Delamarche doit au minimum sourire... mais jaune comme tout le monde. Ça fait des années qu'il est clair pour celui qui regarde les chiffres, les analyse et sort un peu, qu'il n'y a pas de véritable croissance mondiale, que les us sont au bord de la récession et que la déflation est en marche.

  • mlemonn4 le vendredi 15 jan 2016 à 15:59

    Le grand n'importe quoi de la spéculation ! les spéculateurs s'en donnent à coeur joie; ils vont à nouveau provoquer une crise financière mondiale et tous nos gouvernants, nos pignoufs d'élites !!! vont regarder une fois encore le train passer, sans prendre les bonnes décisions contre cette finance sauvage qu'il faudra, un jour ou l'autre mettre au pas; si les politiques n'ont pss le courage de le faire, ce sera au peuples de le faire manu militari!

  • pierry5 le vendredi 15 jan 2016 à 15:53

    Si on regarde un peu les statistiques on serait reparti pour un tour à moins que les banques centrales remettent la main à la pâte et inondent à nouveau le marchés de capitaux virtuels. Ce ne serait que retarder le problème évidemment.

  • bsr16 le vendredi 15 jan 2016 à 15:48

    mais nan tout va bien