Nouvelle alerte sur les retraites

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Dans son avis annuel, le Comité de suivi des retraites estime que le déficit serait de 2,9 milliards d'euros en 2018 et ce solde négatif pourrait augmenter entre 2018 et 2020.

C'est une alerte supplémentaire pour le système des retraites français. La réforme Touraine, menée au début du quinquennat Hollande, a notamment relevé, de 2014 à 2017, les cotisations vieillesse payées par les entreprises et les salariés, tout en augmentant la durée de cotisation à compter de 2020. Grâce à cela, les régimes de base et le fonds de solidarité vieillesse étaient censés revenir au quasi-équilibre en 2020. Or, dans son avis annuel, rendu lundi au premier ministre, le Comité de suivi des retraites, instauré par la même réforme, estime que cet objectif ne sera pas atteint sans «amélioration de la conjoncture et/ou des mesures nouvelles». Concrètement, en l'état actuel des choses, le déficit serait de 2,9 milliards d'euros en 2018 et «ce solde négatif pourrait augmenter entre 2018 et 2020». Il y a un an, le Comité pensait que l'objectif d'un retour à l'équilibre d'ici à 2020 était «accessible». Mais entre-temps les prévisions de croissance se sont dégradées.

Les perspectives ne sont pas meilleures à long terme. Reprenant les études du COR (Conseil d'orientation des retraites), le Comité de suivi note que même avec le scénario central, qui est favorable (soit un taux de chômage tombé à 4,5 %), le système de retraite ne reviendrait à l'équilibre qu'en 2028. La persistance de déficits, à moyen comme à long terme, montre à quel point la réforme Touraine a été insuffisante. Mais ceci, le Comité de suivi ne le dit pas. Il juge même que les perspectives «ne s'éloignent pas de façon significative des objectifs définis par la loi (loi Touraine, NDLR)». À ce stade, il ne formule donc aucune recommandation de mesures à prendre pour l'année en cours. Une conclusion favorable que Matignon n'a pas manqué de souligner lundi par communiqué. L'instance se contente d'appeler le patronat et les syndicats à aboutir avant la fin de l'année à une réforme des régimes de retraite complémentaires (Agirc et Arrco), dont les réserves cumulées pourraient être épuisées en 2022 ou 2023. Lancées en février, les négociations patinent. Elles ne reprendront qu'en octobre.

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