Nouvel assassinat dans un Burundi sous tension

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NAIROBI, 15 août (Reuters) - Le colonel Jean Bikomagu, ancien chef d'état-major des forces armées du Burundi, a été assassiné samedi devant son domicile de Bujumbura, la capitale. Il est le deuxième militaire de haut rang tué par balle ce mois-ci dans le contexte troublé lié à la réélection contestée du président Pierre Nkurunziza. Le colonel Bikomagu a été abattu dans la matinée alors qu'il rentrait de la messe, a précisé un témoin sous couvert d'anonymat. Sa fille, grièvement blessée, a été hospitalisée. Au tout début du mois, le 2 août, un autre ex-chef d'état-major de l'armée, le général Adolphe Nshimirimana, qui dirigeait la sécurité présidentielle, ainsi que trois de ses gardes du corps avaient été assassinés dans l'attaque de leur voiture à Bujumbura. (voir ID:nL5N10D0T4 ) Le lendemain, c'est un militant des droits de l'homme, Pierre Claver Mbonimpa, président de l'Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), qui était grièvement blessé lors d'une tentative d'assassinat. "Ce samedi 15 août 2015, un autre week-end noir au Burundi", a déploré le porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe, sur Facebook. "Noirci par l'assassinat d'un haut gradé de l'armée burundaise à la retraite, le colonel Jean Bikomagu, et sa fille blessée. Très triste, très choquant." Jean Bikomagu commandait l'armée burundaise lors de la guerre civile qui a débuté en 1993 contre le mouvement rebelle hutu alors dirigé par Pierre Nkurunziza. Ce dernier, porté à la présidence en 2005, a été réélu en juillet pour un troisième mandat malgré les contestations de l'opposition qui lui reproche d'avoir enfreint la Constitution limitant à deux mandats l'exercice du pouvoir présidentiel. Nkurunziza, qui a obtenu gain de cause auprès de la Cour constitutionnelle, estime que son premier mandat (2005-2010) ne doit pas être pris en compte puisqu'il avait été désigné par le Parlement et non pas élu au suffrage universel direct. Le Burundi vit sous tension depuis l'annonce de son candidature, en avril, et sa réélection. Dans son message, son porte-parole, Willy Nyamitwe, réclame que "la colère et le désir de vengeance soient contenus par le respect pour la justice et le désir du vivre-ensemble". (George Obulutsa avec Patrick Nduwimana; Henri-Pierre André pour le service français)

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